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Mesure et démesure Résumés et dissertations |
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Le résumé de texte. |
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La dissertation. |
Exemple 1.
Nous vous proposons d'abord de décomposer les étapes de l'exercice autour d'un texte d'introduction sur l'amitié : en marge du texte, vous trouverez les observations préliminaires qu'il appelle, puis un tableau destiné à en schématiser la structure précédera la reformulation proprement dite.
| TEXTE | OBSERVATIONS |
La ferveur, qu'elle soit d'ordre amoureux, religieux,
poétique, semble être un état affectif troublant, et en même temps
positif : le fervent est-il donc possédé, ou garde-t-il la " tête froide " ?
Poser la question de la ferveur en philosophie revient sans doute à poser en
même temps la question de la philosophie elle-même.
Celle-ci n'est-elle pas une appréciation de la réalité portée
par une pensée aussi objective et impartiale que possible, sans emportement
ni passion excessive ? Ce regard froidement lucide, cette sagesse mesurée
pourraient définir la philosophie occidentale dont on attribue
traditionnellement la naissance à une exigence de
rationalité, au-delà des opinions irréfléchies et des
sentiments spontanés qui égarent le jugement. Dès lors, comment la ferveur
pourrait-elle avoir une valeur pour cette connaissance objective ? d'après Joël Figari |
Première étape :
l'énonciation : Deuxième étape : thème, thèse : Troisième étape : l'organisation : C'est cette organisation que nous vous invitons à représenter précisément dans un tableau de structure : ne pensez pas que le fait d'établir ce tableau au brouillon vous fera perdre du temps. Une fois rempli, il vous permettra au contraire d'aller plus vite dans la reformulation, chaque unité de sens étant nettement repérée. La colonne Parties sépare chaque étape de l'argumentation, que la colonne Sous-Parties décompose si nécessaire. La colonne Arguments vous permet d'identifier rapidement chaque argument et d'aller déjà vers son expression la plus concise en repérant les mots-clefs. C'est cette colonne, surtout, qui vous sera précieuse. Quant à la colonne Exemples, elle vous permet de repérer ce que votre résumé pourra ensuite ignorer (attention cependant au fait qu'un long paragraphe d'exemples peut avoir une valeur argumentative ! C'est d'ailleurs le cas de deux paragraphes de ce texte). |
TABLEAU DE STRUCTURE
| PARTIES | SOUS-PARTIES | ARGUMENTS (mots-clefs) | EXEMPLES |
| La ferveur > objective ? Introduction |
/ |
La ferveur peut-elle avoir une valeur dans la connaissance philosophique? | / |
| La
ferveur... en effet > ordinaire. Justification |
La ferveur semble en effet > pensées. | un emportement irréfléchi | fervere, bouillir |
| Or si nos pensées > ordinaire. | pensées et sentiments ne peuvent conserver leur froideur objective | / | |
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Faut-il pourtant >
l'effervescence. Opposition |
Faut-il pourtant > figurée : | nécessité de dépasser l'étymologie | / |
| certes > la fièvre. [concession] | symptômes de la fièvre | / | |
| Cependant > l'effervescence. | une ferveur paradoxale : nécessité d'en distinguer les formes. | musicien et terroriste fanatique | |
| Deux exemples > individuelle ? Illustration |
Deux exemples > l'Antiquité. |
La dévotion religieuse et la création poétique illustrent cette situation. | / |
| De la dévotion religieuse, d'abord > par son amour. | Dans la dévotion religieuse, la ferveur est perte de soi pour se retrouver. | citations de sainte Thérèse d'Avila | |
| La création [...] également > individuelle ? | Dans la poésie, la ferveur est une inspiration divine. | furor poeticus | |
| Ainsi > l'exemple. Conclusion |
/ |
conserver à la ferveur sa valeur positive. | / |
LA REFORMULATION
Résumez ce texte en 110 mots.
Les contraintes de l'exercice :
Comment procéder ?
Reprenons notre texte. Nous allons décomposer la démarche en traitant successivement chaque unité de sens dégagée par le tableau de structure. Chacune d'elles nous offrira en outre de quoi appliquer les règles essentielles de la concision. Vous observerez comment, pour reformuler chaque unité de sens, le résumé s'efforce de se limiter à une seule phrase.
PARTIES |
Observations sur les réductions |
PROPOSITION DE RÉSUMÉ |
1° § |
La question condense la problématique exposée dans l'introduction. | La ferveur est-elle compatible avec l'exigence de raison caractéristique de la philosophie occidentale ? |
2° § |
La conjonction donc, dans la relative, rend compte de la valeur circonstancielle du Or. | Le mot semble en effet impliquer un désordre passionnel qu'on ne peut donc maîtriser. |
3° § |
La concession (certes... cependant) est traduite par la tournure commandée par l'adverbe si. | Défions-nous pourtant de cette définition figurée : si la ferveur peut s'accompagner de troubles physiques, elle n'exclut pas, [50] dans ses formes diverses, toute lucidité. |
4° et 5° § |
Les deux exemples sont fondus pour exprimer leur conclusion commune. |
La dévotion religieuse et l'inspiration poétique donnent deux exemples d'un oubli de soi dont on s'enrichit et prouvent que la connaissance passe par des voies extra-rationnelles. |
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6° § |
La tournure injonctive rend compte de la question rhétorique. |
Il faut ainsi réfléchir sur la mesure de la ferveur et lui rendre sa [100] valeur tout en en prévenant les égarements. (107 mots) |
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Exemple 2 - Résumé complet. Le philosophe qui vivait dans un jardin |
La pensée d'Épicure dit, sous les formes les plus variées, le
retranchement, la recherche de l'enclos et du rempart. La réponse de
l’homme épicurien à la vie sociale pleine de périls est le refuge derrière
les hauts murs d'un jardin et le renoncement à toute activité politique, à
toute charge dans la Cité : « Ce fut un grand bonheur pour moi de ne
m'être jamais mêlé aux troubles de l'État, dit Épicure, et de n'avoir
jamais cherché à plaire au peuple, parce que le peuple n'approuve pas ce
que je sais, et que j'ignore ce que le peuple approuve ». La vie politique
apparaît comme un océan d'insécurité dont il faut s'abstraire. Ici,
Épicure polémique contre l'école platonico-aristotélicienne, qui faisait
de la mesure une règle de l’action politique. Diogène Laërce nous rapporte
qu'Épicure déclarait qu’en ce domaine « la couronne de l'ataraxie a une
valeur incomparable par rapport à la prééminence politique ». Gilbert Romeyer-Dherbey |
| Résumé proposé :
L’épicurisme se caractérise par
un recul frileux à l’égard de la vie politique. Il lui substitue un culte
hédoniste de l’amitié, où le plaisir trouve les limites naturelles que lui
contestait Platon. C’est dire que, pour Épicure, la domination du plaisir
ne ressortit pas à la [50] raison puisque tous les besoins naturels sont
bornés par essence. C’est l’esprit qui invite à l’outrance et nous fait
ignorer que la vraie dimension du plaisir ne saurait résider que dans la
frugalité. Cette limite est aussi la fragile forteresse du corps, toujours
menacée par les agressions [100] extérieures et par la mort. Ainsi Épicure
fut sans doute en quête d’une sérénité âprement gagnée contre la maladie. |
Exemple 3 - Résumé complet. E.M. CIORAN - Les dangers de la sagesse
Vous trouverez ce texte parmi ceux que nous proposons sur la page Textes.
Résumé proposé : La sagesse ne peut-être, pour celui qui s’est résolu à sa tranquillité, que l’occasion de le regretter. De cette apathie soumise à la connaissance, il devra au plus tôt s’échapper pour retrouver la vraie richesse de l’existence. Seules y ont quelque prix, en effet, [50] la mauvaise foi et la rage, qui nous délivrent de l’effort malsain sur nous-même. Les accès de colère sont certes ridicules, mais, au moins, ils sont libérateurs, même dans la délicieuse calomnie, et ils nous évitent de sombrer dans la faiblesse du mépris. Gardons-nous en effet [100] de rester insensibles aux médisances et d’ignorer le ferment salubre de la haine. Tous nos maux proviennent de ce discrédit nouveau qui pèse sur la libre expression de nos douleurs ou de nos colères. Il faudrait pouvoir s’y adonner quotidiennement, afin de compenser la pauvreté de la parole.
150 mots
Exemple 4 - Résumé complet. A. COMTE-SPONVILLE - La tempérance
Vous trouverez ce texte parmi ceux que nous proposons sur la page Textes.
Résumé proposé : Comme la justice, la tempérance est une vertu soucieuse de mesure. Mais elle tient davantage de l’art de vivre : par la contention de ses plaisirs, le sage respecte des limites qui sont celles du corps, toujours rapidement rassasié. Au contraire des jouisseurs, insatiables et malheureux, le tempérant réduit la [50] quantité de ses plaisirs pour en augmenter la qualité. Qui ne serait comblé par cette stricte satisfaction du nécessaire, capable en outre d’apprécier mieux le superflu ? Nos sociétés gavées pourraient méditer la leçon : plus indispensable en effet dans la pléthore que dans la disette, la tempérance est une vertu modeste [100] où notre époque ne sait plus voir qu’une diète.
110 mots
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