| LA DISSERTATION |
EXEMPLE 1
« Il demeure que l'homme, en société, actualise des possibilités qui le différencient sans conteste de l'animal supérieur. »
Cette différence entre l'homme et l'animal, rappelée par Lucien Malson (Les Enfants sauvages) vous paraît-elle entièrement acceptable ?Mise en place du sujet :
- les mots-clés : On prendra garde à la mention "en société", qui situe la différenciation entre l'homme et l'animal au niveau du comportement social. Alors que celui-ci évolue invariablement dans un milieu, l'homme s'approprie un univers, dont il fait varier librement les principes et les valeurs, pour lequel il recherche des perfectionnements, etc. C'est ce qu'il faut entendre par l'expression "actualise des possibilités" : quand l'animal reste confiné dans le présent, l'homme ajuste, prévoit, imagine. Cette spécificité de l'homme est la moins contestable sans doute, mais le sujet vous invite néanmoins à l'examiner pour l'affiner, la nuancer, à l'intérieur d'un plan dialectique.
- la problématique peut être formulée autour de la question posée : à quelles conditions la socialisation de l'homme suffit-elle à le distinguer de l'animal ?Arguments et exemples à utiliser :
Aidez-vous des éléments suivants (des citations, utilisables dans l'une ou l'autre des trois parties, vous sont fournies dans le désordre) pour construire un plan :
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Organisation du plan :
I - Thèse : L'homme épanouit en société des aptitudes qui le distinguent de l'animal...
- à la différence de l'animal, la vocation de l'homme est de s'épanouir en société :
►citation n° 3.- quand, jusque dans son organisation sociale, l'animal reste soumis aux lois de l'instinct, la société permet à l'homme d'enrichir le clavier de ses aptitudes :
►citations n° 1, 7.- la réflexion éthique, l'ajustement des lois aux conditions et aux milieux montrent comment la vie sociale permet à l'homme d'échapper aux déterminismes naturels :
►citation n° 12.II - Antithèse : ... mais la vie sociale laisse parfois douter de « l'humanité de l'homme » ...
- l'homme s'est installé en souverain de la Création, au détriment de la vie universelle :
►citations n° 2, 4, 5, 11.- la société humaine n'a pas aboli la loi du plus fort et l'homme y manifeste des pulsions animales :
►citations n° 6, 15, 18.- l'homme s'y révèle parfois moins qu'un animal :
►citations n° 9, 10.III - Synthèse : ... ainsi, dans la société, l'homme doit continuer à mériter ce titre.
- par son aptitude à la pitié :
►citation n° 13.- par son acceptation fraternelle de l'animal :
►citations n° 8, 17.- par la conscience des responsabilités que lui donnent ses privilèges mêmes :
►citations n° 14, 16.
EXEMPLE 2
« On peut repérer dans la modernité et dans la post-modernité une fascination pour l'animalité de l'homme qui passe pourrait-on dire en contrebande. Elle est même souvent répercutée, colportée avec une espèce de joie sans que nous nous rendions compte à quel point elle est porteuse d'un anti-humanisme redoutable. »
Jean-Claude Guillebaud, L'humanité de l'homme, un concept en péril.
Dans quelle mesure les œuvres au programme permettent-elles de vérifier cette affirmation ?Mise en place du sujet :
- les mots-clés : On retiendra d'abord l'expression "fascination pour l'animalité de l'homme", dont il faudra donner quelques exemples. On peut penser à la contestation des sociétés marchandes qui, dès les années 60, a pris en effet l'allure d'un retour à la nature dont les formes ont pu être extrêmes. L'animal s'est paré alors de tous les prestiges, à mesure que se dénonçait plus violemment l'indignité de l'homme civilisé, devenu un monstre dans la nature. Dans son article, dont on pourra prendre connaissance dans son intégralité, J.C. Guillebaud s'en prend aussi à l'anti-spécisme et à son chef de file, Peter Singer. Il retrouve pour cela les soupçons traditionnels que l'on entretient à l'égard des écologistes, dès lors qu'on les accuse de mettre en cause au profit de l'animal les prérogatives humaines, mécanisme dont on a souligné la parenté avec certaines idéologies d'extrême-droite. C'est cette crainte qui inspire à l'auteur cette autre expression-clé d'"anti-humanisme". Derrière la volonté de maintien de la dichotomie cartésienne, on trouve donc ici une mise en cause inquiète de l'exaltation du monde animal par nos sociétés.
- la problématique : est-il dangereux de trop faire valoir à l'homme combien il est proche de l'animal ?Arguments et exemples à utiliser :
Aidez-vous des éléments suivants (les citations fournies pour le sujet précédent sont aussi utilisables) pour étoffer ce plan :
Organisation du plan :
I - Thèse : Il peut être dangereux de rappeler à l'homme sa part animale ...
- cette animalité est souvent assimilée à une bestialité primitive, dont les fonds obscurs angoissent le civilisé; - ce rappel est souvent guidé par une volonté de rapprochement amical entre l'homme et l'animal, toujours vouée à l'échec; - la réduction de l'homme à l'animal permet toutes les barbaries. II - Antithèse : ... mais l'humanisme pourrait être aussi vivifié de ce rappel ...
- la conscience chez l'homme d'être proche de l'animal pourrait l'aviser des dangers de sa conduite envers la nature; - le rapport avec l'animal révèle la nature des rapports avec l'autre; - la modestie, la pitié sont des valeurs dont l'humanité pourrait s'enrichir. III - Synthèse : ... ainsi la part animale de l'homme peut être revendiquée sans danger si ...
- l'on reconnaît à l'homme et à l'animal des natures spécifiques, sans misanthropie ni spécisme; - si l'homme utilise sa supériorité dans le sens d'une tutelle fraternelle et digne, dont il pourrait aussi s'enrichir; - si cette part animale en nous est connue et assumée.
DISSERTATIONS, par Jean-Pierre BIGEL ►
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