| L'ÉCRIT |
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Le résumé de texte |
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La dissertation. |
Exemple 1.
| TEXTE | OBSERVATIONS |
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« Il faut avoir le souci de ce qui produit le bonheur, puisque s'il est
présent nous avons tout, tandis que s'il est absent nous faisons tout pour
l'avoir », écrit Épicure au début de la Lettre à Ménécée. Par-delà la
diversité de leurs positions théoriques, les philosophes antiques n'ont à
peu près jamais remis en cause ce primat d'une recherche du bonheur, qui a
plutôt constitué pour eux un préalable absolu : « Toute action et tout choix
tendent vers quelque bien... », or le bien ultime, souverain, c'est le
bonheur (eudaimonia). Cette inférence qu'expose Aristote au début de
son Ethique à Nicomaque, conforme à l'opinion commune, a été
largement partagée par les autres philosophes, même si de sérieuses
divergences les ont opposés sur la définition même du bonheur. Jean-François Balaudé, Le Nouvel Observateur, Hors-série « Le bonheur », 1998. |
Première étape :
l'énonciation : Deuxième étape : thème, thèse : Troisième étape : l'organisation : C'est cette organisation que nous vous invitons à représenter précisément dans un tableau de structure : ne pensez pas que le fait d'établir ce tableau au brouillon vous fera perdre du temps. Une fois rempli, il vous permettra au contraire d'aller plus vite dans la reformulation, chaque unité de sens étant nettement repérée. La colonne Parties sépare chaque étape de l'argumentation, que la colonne Sous-Parties décompose si nécessaire. La colonne Arguments vous permet d'identifier rapidement chaque argument et d'aller déjà vers son expression la plus concise en repérant les mots-clefs. C'est cette colonne, surtout, qui vous sera précieuse. Quant à la colonne Exemples, elle vous permet de repérer ce que votre résumé pourra ensuite ignorer (attention cependant au fait qu'un long paragraphe d'exemples peut avoir une valeur argumentative ! |
TABLEAU DE STRUCTURE
| PARTIES | SOUS-PARTIES |
ARGUMENTS (mots-clefs) |
EXEMPLES |
| « Il faut avoir le souci ... > ... la définition même du bonheur. |
/ |
Les philosophes grecs n'ont jamais remis en cause le primat d'une recherche du bonheur | Épicure, Lettre à Ménécée |
| Certes, il y a loin... > ... il fixe désormais sa conduite | Certes, il y a loin... > conforme à la vertu parfaite. | il y a loin du désir de bonheur au bonheur effectif, | les « Éthiques » d'Aristote |
| Pourtant, cette réflexion... > précisément celle de la philosophie | le bonheur peut être atteint solidement par la voie de la philosophie. |
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| Ainsi, l'accès au bonheur ... > il fixe désormais sa conduite. | l'accès au bonheur a pour condition la « conversion philosophique » | ||
| C'est pourquoi le bonheur en tant qu'état durable... > ... en posant que la vertu suffit au bonheur. |
/ |
le bonheur se trouve à portée de main pour ceux qui, grâce à la philosophie, règlent leur conduite sur les valeurs authentiques | Socrate dans le Phédon et le Gorgias de Platon |
| Certes, on pourrait penser ... > une vie sans examen ne vaut pas d'être vécue » (Platon, Apologie de Socrate). |
Certes, on pourrait penser ... > le questionnement socratique. |
on peut penser que Socrate a fait reculer indéfiniment la possession du bonheur en l'assimilant au savoir, à jamais recherché | |
| Mais il ne conclut pas... > « une vie sans examen ne vaut pas d'être vécue » [...]. | il conclut, plutôt à la nécessité d'un examen permanent de soi | ||
| Cette tension montre la fécondité ... > ... ne souffre guère non plus d'altération |
/ |
Cette tension montre la fécondité de la quête philosophique du bonheur | selon les épicuriens... , ... le bonheur du stoïcien |
| Bref, être heureux, c'est être sage ... > ... en dehors de la pratique de la philosophie. | Bref, être heureux, c'est être sage ... > ... Mais... un idéal inaccessible ? | Être heureux, c'est être sage. Mais peut-on réellement atteindre la sagesse ? | |
| Platon, c'est un fait, ... > Mais, par-delà la sagesse d'autre part (la visée ultime). | Platon parle de l'inaccessibilité de l'état de sophos, mais il existe deux niveaux d'accomplissement, la vertu et la sagesse. | ||
| La vertu authentique est pour cela accessible ... > en dehors de la pratique de la philosophie. | La vertu authentique est accessible à qui accomplit la conversion philosophique. | Épicure au début de la Lettre à Ménécée | |
| Telle est au total la plus forte leçon ... > ... « Ce que nous voulons, c'est être dieu » ? |
/ |
En conduisant à la maîtrise des désirs et des passions, l'exercice de la philosophie rend durablement heureux | Plotin n'écrira-t-il pas : « Ce que nous voulons, c'est être dieu » ? |
LA REFORMULATION
Résumez ce texte en 120 mots.
Les contraintes de l'exercice :
Comment procéder ?
Reprenons notre texte. Nous allons décomposer la démarche en traitant successivement chaque unité de sens dégagée par le tableau de structure. Chacune d'elles nous offrira en outre de quoi appliquer les règles essentielles de la concision. Vous observerez comment, pour reformuler chaque unité de sens, le résumé s'efforce de se limiter à une seule phrase.
PARTIES |
Observations sur les réductions |
PROPOSITION DE RÉSUMÉ |
| 1° § | La pensée grecque est dominée par la recherche du bonheur, | |
| 2° et 3° § | Coordonnée à la précédente, une seule proposition indépendante permet, par le raisonnement concessif, de lier les deux paragraphes. | mais elle répond à son effective fragilité par la nécessité de l'établir durablement grâce à la philosophie. |
4° § |
C'est pourquoi le bonheur échappe à ceux qui l'assimilent à la possession matérielle et tient, selon Socrate, à l'exigence morale. [50] | |
| 5° § | C'est peut-être rendre le bonheur inaccessible en l'assimilant au savoir, mais Socrate le fonde plutôt sur l'examen permanent de soi, | |
| 6° § | Le participe présent, lié à la phrase précédente, conserve le caractère consécutif du paragraphe | faisant ainsi de la quête philosophique la condition même du bonheur. |
| 7° et 8° § | La construction concessive respecte les trois étapes du raisonnement. | Si la vraie sagesse reste hors de notre portée, la vertu, au moins, peut être [100] conquise par la méditation philosophique. |
| 9° § | Cette leçon des philosophes antiques assure ainsi au bonheur une maîtrise de soi capable d'échapper au temps. [123 mots] |
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Exemple 2 - Résumé complet. Jachères |
La critique constructive, l'admiration, l'approbation, ce qu'on pourrait
appeler la chaleur dans les échanges, sont autant des faits de
civilisation que des traits de caractère. Or notre civilisation
individualiste, en fondant le bonheur collectif sur l'égoïsme des
individus, et la richesse générale sur la concurrence des intérêts
particuliers, n'a guère favorisé cette ouverture. Chacun vit séparé,
méfiant, conscient de ses droits, cloîtré dans son privé, et considère le
voisin comme un étranger, peut-être un concurrent, voire un adversaire. La
loi du marché, en se généralisant, rend la société de moins en moins
conviviale. Situation peu propice ! Il était peut-être possible jadis de
s'enfermer dans un bonheur clos, dans un petite monde abrité, étroit mais
confortable. De nos jours, aucun abri n'est à l'épreuve des tumultes
extérieurs et l'isolement ne fait qu'accroître l'angoisse. Clos sur
eux-mêmes par l'esprit du système et l'exemple des autres, les individus
peuvent moins que jamais se défendre contre les agressions. Pour être
heureux faut-il donc être dur, aveugle, fermé aux autres, toujours occupé
à dominer, à se défendre, uniquement soucieux de ses intérêts ? |
| Résumé proposé : Notre civilisation, dans ses impératifs matérialistes, croit pouvoir se fonder sur un égocentrisme qui, aujourd'hui, est exposé à tous les assauts du dehors. L'ouverture répond au contraire à une volonté d'enrichissement. C'est d'abord apprendre à s'arrêter, se rendre présent, voire aimer jusqu'à l'abnégation [50], tout cet art que nous avons perdu à cause du rapport mercantile que nous entretenons avec le temps. Alors nous échappons à nos fonctions et à nos rythmes effrénés. Loin d'être passive, cette ouverture est fructueuse puisque le temps que nous nous accordons n'est qu'à nous. Qu' [100] on les occupe de nos rêves ou de nos souvenirs, de contemplation ou de création, ces moments constituent la vraie richesse et fortifient l'action à venir. Les moines ont su cultiver cette méditation adonnée au silence, d'où émerge la conscience fertile d'un moi plus profond. 148 mots. |
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