Gustave Flaubert — L'Éducation sentimentale [1869]

Le départ du bateau — Les passagers

Première partie, chapitre 1 — 599_024r

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La liberté de la compagnie facilitant les épanchements, on se faisait
part de ses goûts. on se disputait/discutait amicalement. - & ceux qui connaissaient
les noms des propriétaires riverains étaient les plus considérés
                                                                                  et
Le jeune bachelier entendait tout cela, confusément. ce qu’il en pouvait
                                           la conviction
saisir le raffermissait dans l’assurance de sa supériorité sociale &
intellectuelle.
                      parité
une certaine communauté de besoins & d’instincts unissait

les uns aux autres

                      xxx
toutes tous ces gens. Mais ils étaient plus séparés de lui – que s’il y
                              
avait eu – entre leurs personnes & la sienne, l’intervalle d’un
                                                 ses ambitions
Océan. Pas un n’avait ses idées, & son cœur.
      Le regard perdu dans le sillage du bateau il s’abandonnait
à la foule de ses pensées. Elles étaient confuses, infinies, charmantes
          xxx aux cours de son                         la chambre
Il songeait à son temps de collège & à l’appartement qu’il
       là-bas
aurait à Paris. à un drame qu’il voulait faire, à des sujets
de tableaux, à de futures maîtresses, au monde entier. Des
                   à de futures passions
perspectives qui n’avaient pas de fin se déployaient dans son
imagination toutes pleines de rayonnemens de sonorités & d’ivresses.
& l’app. L’avenir lui apparaissait comme un gala royal
& il n’apercevait aucune particularité de son avenir

tout confus & magnifique
qqfois
que l’on aperçoit d’en bas
aperçu
entrevu dans l’éloigmt

                                          les
sans pouvoir en saisir aucune particularités - - -
comme les mille somptuosités d’un gala royal se perdent
            avec            tumulte de      triomphantes &
de loin dans un gd bruit de voix, dans une splendeur de flambeaux.
Mais ce qui dominait tout c’était la femme.
                   brillait
                   passait le plus souvent, ce qui revenait toujours
devant son désir devant son espoir béant – comme le foyer
                                    source intarissable
de toute inspiration, la cause de toute joie. . . .                le

la cause & le but de tout
pouvoir, de toute richesse
joie
de toute félicité/joie & le    c’était
comme le centre
& l’élément de la vie

                                    humaines c’était l’amour c’est à dire
centre où aboutissent toutes les énergies, c’étaient les femmes
Pour mieux fixer son désir                            ou plutôt
ou plutôt la femme. Il tâchait de s’en figurer une
résumant toutes les autres               imaginer
pr lui - & qui l’aimerait avec des tendresses d’ange
mais
& il chargeait cet idéal de tant d’attributs multiples & contradictoires
& des morsures de démon. & il la décorait de tant
qu’il n’en pouvait plus rien saisir &
d’attributs qu’elle qu’il ne pouvait pas saisir ses
& il arrivait-----à s’y perdre                      dans
formes. – elle devenait multiple comme un élément
il s’y perdait comme dans l’infini
                                                         arrivait
                                                    qu’il finissait par
                                                 à s’y perdre comme dans l’inf.

Nicole Sibireff.