Gustave Flaubert — L'Éducation sentimentale [1869]

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Première partie, chapitre 1 — 599_065v

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de l’avenir tous tous insurmontables
de l’avenir
insurmontables. com*/une espérance &
[Malgré les obstacles innombrables qu’il entrevoyait, il avait la certitude d’un
bonheur lointain qu’il ne pouvait guères formuler. Il se sentait plus
intelligent, [plus fort, plus tendre] – plus brave. Les entreprises prodigieuses
lui apparaissaient faciles, maintenant. L’univers venait tout à coup de
s’élargir – & elle était, dans sa pensée, le point fixe & lumineux
où l’ensemble des choses convergeait

Il sifflait entre ses dents un air de bravoure italien. Les deux
un*/qq peu
chevaux battaient la terre en cadence, la voiture oscillait, & bercé par ce
de la voiture à demi & le regard dans les nuages
mouvement, les paupières entrecloses, il s’abandonnait à une joie
de xx
rêveuses & infinie.
eut
à Bray, il n’attendit pas qu’on ait* donné l’avoine : il continua
tout haut
la route seul à pied – & il se disait en marchant
« tu n’es point blanche ni cuivrée
Mais il semble qu’on t’a dorée
Avec un rayon du soleil.
[& il répéta plusieurs fois « avec un rayon du soleil –] » – Arnoux
l’avait appelée Marie – il cria « Marie » sa voix se perdit dans l’air.
Une large couleur de pourpre enflammait le ciel à l’occident.
[– & se reflétant à ras du sol, elle faisait briller comme de l’or, les
flaques d’eau dans les fossés.] – de grosse meules /de blé/ qui se
dressaient
levaient au milieu des chaumes, ça & là, projetaient des ombres
sans feuilles
géantes – Des ormes rabougris dessinaient en noir, sur l’horizon
la silhouette de leurs branchages. Un chien* chien se mit à aboyer
dans une ferme, très loin.
tout à coup
Alors il frissonna, saisi d’une inquiétude sans but
d’irrévocable
[appréhendant tout à coup qq chose de calamiteux qui devait
venir.]

Sawasaki Hisaki