Gustave Flaubert — L'Éducation sentimentale [1869]

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Première partie, chapitre 1 — 599_088v

11.

Malgré les obstacles insurmontables qu’il entrevoyait, il avait une

Au fond

de lui-même*/l’âme bonheur
/espérance & /comme la certitude d’un lointain qu’il ne pouvait
cependant
guère formuler. Il se sentait plus intelligent, [plus fort, [plus tendre]
] entreprises maint
plus brave. Les œuvres prodigieuses lui apparaissaient faciles – L’univers
pr lui
venait, tout à coup, de s’élargir, & elle était dans sa pensée,
le point fixe & lumineux où l’ensemble des choses convergeait
[/Un impatience/ le prit] il monta sur le siège & se
mit à conduire]
Il sifflait, entre ses dents, un air de bravoure italienne.
Les deux chevaux battaient la terre en cadence, la voiture oscillait
les paupières entrecloses &
& bercé par ce mouvement, les paupières entrecloses/ & le
humant le vent du soir
regard perdu dans les nuages / il s’abandonnait intérieurement
&
à une joie rêveuse & infinie.
pas à 1
Il n’attendit point dans Bray qu’on eut donné
l’avoine, il continua la route, seul, à pied – & il se disait
tout haut, en marchant murmurait
tu n’es point blanche ni cuivrée
Mais il semble qu’on t’a dorée
Avec un rayon du soleil

il se répéta plusieurs fois
« Avec un rayon de soleil »

l’avait appelé
[il avait entendu Arnoux l’appeler Marie. il cria
« Marie » & sa voix se perdit dans l’air]
Une /large/ couleur de pourpre enflammait

largement

le ciel à l’occident. [& se reflétant à ras du sol elle
faisait briller comme de l’or les flaques d’eau dans
les fossés,] de grosses meules de blé qui se levaient
au milieu des chaumes ça & là, projetaient des ombres
rabougris
géantes. – Des ormes sans feuilles dessinaient en noir
branchages
sur l’horizon la silhouette de leurs branche – un
qque
chien se mit à aboyer dans une ferme
très loin.

Sawasaki Hisaki