Gustave Flaubert — L'Éducation sentimentale [1869]

La fin du voyage

Première partie, chapitre 1 — 599_067r

bientôt

Elle voulut voir la musique. & bientôt le joueur d’instrument, amené

par la négresse, entra dans les Premières, en faisant un grand salut

crépus descendaient

l’enveloppaient

comme une crinière

Ses immenses cheveux noirs tombaient comme une crinière jusqu’à

ses coudes par-dessus les guenilles de son paletot. Arnoux le

tutoya

reconnut immédiatement pr un ancien modèle, & il le questio

d’un air amical

en lui faisant des questions ce qui surprit beaucoup les assistants.

Enfin le harpiste rejeta ses cheveux sur ses épaules, étendit les

bras & se mit à jouer en arrière

C’était une romance orientale où un sult bandit offrait des

trésors à une sultane : il était question de poignard, de fleurs

& d’étoiles. L’homme en haillons chantait cela d’une voix mordante

Mais

[les yeux au ciel & la poitrine au vent.] Mais les battemens de la

machine coupaient la mélodie à fausse mesure. L’homme

il pinçait plus fort, les longues cordes vibraient. & leurs sons

métalliques semblaient exhaler des sanglots & comme la

plainte d’un amour orgueilleux & vaincu. Frédéric

frissonnait dans le saisissement d’une mélancolie sans bornes.

de gds bois s’inclin

des bois se penchaient

s’avançaient

sur les deux côtés de la rivière, des bois descendaient en

amphithéâtre jusqu’au bord de l’eau. On sentait l’odeur du

frais passait

feuillage, & un courant d’air passant, faisait danser autour

de la tente les effilés rouges de sa bordure. Mme Arnoux

immobile xxxxxxxxxxxxxxxx regardant

se tenait sur le haut de l’escalier, en regardant au loin

d’une manière vague. Quand la musique s’arrêta

elle remua les paupières, plusieurs fois |de suite| comme

si elle sortait d’un songe.

Nicole Sibireff.