Gustave Flaubert — L'Éducation sentimentale [1869]

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Première partie, chapitre 1 — 599_093r

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et cette découverte l’emplit d’orgueil.
insurmontables avait
Malgré les obstacles innombrables qu’il entrevoyait, il possédait
une espérance & certitude
Au fond de lui-même /une espérance &/ comme la conviction d’un
désirait
bonheur lointain qu’il ne pouvait guère formuler. il souhaitait
seulement la voir l’entendre, vivre dans son atmosphère de* [s’absorber
dans son âme n’être plus qu’une dépendance d’elle-même]
le transportait
une joie sans nom l’ennivrait. il se sentait plus intelligent
cause prodigieuses
plus fort, plus tendre, plus brave. Les œuvres extraordinaires
maintenant venait
lui apparaissaient faciles. L’univers entier s’était tout à coup
pr lui
de s’élargir. – & elle était, dans sa pensée, le point fixe &
lumineux où l’ensemble des choses convergeait
Une impatience le prit, – il monta sur le siège & se
mit à conduire
[Fouet en main & secouant les rênes] il sifflait entre ses
dents un air de bravoure italienne, [& il humait avec
délices] le vent doux qui lui passait sur le corps com
une gde couleur dorée occupait empourprait le ciel à l’horizon
un large baiser]. Les deux chevaux battaient la terre
en cadence, la voiture oscillait, & bercé par ce
mouvement, les paupières entrecloses & le regard

perdu

les nuages intérieurement*
dans le ciel, il s’abandonnait aux transports
sans cause à rêveuse
d’une joie rêveuse, une joie sans cause, &
illimitée. infinie
point dans Bray
À Bray, il n’attendit pas que les deux

qu’on eut donné

l’avoine il
chevaux eussent mangé l’avoine, – il mit
continua seul la route
pied à terre – & continua à marcher
tout
il seul, à pied. – & il se disait haut, en
à voix hte
marchant
point
tu n’es pas blanche ni cuivrée
Mais il semble qu’on t’a dorée
Avec un rayon du soleil.
[il se répéta plusieurs fois « avec un rayon du
soleil.] un rayon du soleil. »

Il avait

entendu Arnoux l’appeler Marie. il cria « Marie » &
sa voix se perdit dans l’air

Sawasaki Hisaki