Gustave Flaubert — L'Éducation sentimentale [1869]

Leurs rêves respectifs : la politique, l'amour

Première partie, chapitre 2 — 599_144r

21.

Maintenant

Il estimait
Ce qu'il admirait par-dessus tout, maintenant, c'était la passion
Werther, René, Antony Frank, Lara, Lelia & bien d'autres plus
médiocres l'enthousiasmaient presqu'également. Altéré d'idéal
il avait bu à longs traits le vin des poètes. Mais cette ivresse
         d'aviver
loin d'activer son esprit l'engourdissait sous un amas de sentiments
       qu                                                                              rendre
confus. La musique qqfois lui semblait seule propre à exprimer
les agitations & il rêvait des symphonies ou bien    saisi
les troubles de son cœur. Puis il était comme* appréhendé par

pittoresque des
le côté extérieur
extérieur
choses l'appréhendait

                               âme*
l'aspect des choses & il voulait peindre. il avait fait des vers
         la surface des choses l'appréhendait
cependant. il en récita qques uns à Deslauriers, qui les trouva fort
beaux mais sans demander une autre pièce.
                                                            métaphysique
                                                            métaphysique
Quant à lui il ne donnait plus dans la philosophie
      Ça ne mène à rien
Le temps des rêveurs est passé, disait-il. La politique & l'économie
sociale le préoccupaient. Il étudiait l'histoire de la Révolution française
C'était à présent, un gd diable de vingt-deux ans, avec de longues
       osseuses
mains, une large bouche, l'air résolu. Ses yeux brillaient sous des
lunettes d'acier - & de temps à autres il rejetait ses cheveux blonds en
arrière, par un brusque mouvement de tête comme un cheval
qui encense.
                                             méchant paletot de lasting
          Il portait ce soir-là une méchante veste de toile - & ses
                        tout                                 car avait fait la route
souliers étaient tout blancs de poussière, car il était venu de
                               tout
de Villenauxe à pied, exprès pr voir Frédéric.
m Isidore les aborda. Madame priait Monsieur de revenir
et craignant qu'il n'eût froid, elle lui envoyait son manteau.
       Frédéric assura qu'il allait rentrer tout à l'heure
    prquoi ?
— Rien ne t'y force » dit Deslauriers « reste donc ! »
Et ils se continuèrent à se promener d'un bout à
l'autre des deux ponts qui s'appuient sur l'île étroite, formée
                                     quand ils allaient du côté de la ville
                                                    s'avançaient
                                                      marchaient vers
par le canal & la rivière. En marchant vers la ville, ils
                            un pâté de
                   eux   un pâté de                     se tenant sur
avaient devant les murs de maisons qui se tenaient sur
            tout en face les murs               s'inclinant qqe peu
le terrain incliné. à droite l'église apparaissait derrière les
moulins de bois, dont les vannes étaient fermées [& à
                                           au bord de l'eau
                                           au bord de l'eau
gauche] des haies d'arbustes le long de la rive terminaient
                                                 des jardins que l'on distinguait
                                                                                     à peine.

Nicole Sibireff.