Gustave Flaubert — L'Éducation sentimentale [1869]

Leurs rêves respectifs : la politique, l'amour

Première partie, chapitre 2 — 599_143r

21.

                                                                                     à Deslaur
[apprenant à Deslauriers quel homme c'était, lui] rapportant ses

rapportant ses

ses discours, ses manières, son entrain, ses relations. - &
                                    fortement
Deslauriers l'engagea beaucoup à cultiver cette connaissance
— Oh ! je n'y manquerai pas » dit Frédéric.
                                              intérieures
Puis ils se racontèrent leurs existences intérieures, depuis deux ans
             Car               premi
qques uns unes de leurs lettres ayant été saisis, ils avaient presque
renoncé à s'écrire.

Fr. n'avait rien
Fr. était tombé* dans un
gd découragement.

fait depuis le départ de D.
Une fois Deslauriers parti, la fougue de la un gd découragement l'avait
Fr.
      & même
pris. Son drame du chevalier de Calatrava et en était resté au
à la seconde scène Par complaisance pr sa mère    piano & même
premier acte. — Il avait continué ses leçons de musique & composé
des                   allem               cependant
plusieurs valses dans le genre allemand. Puis revenant à la littérature
                               avec délices                        lyrique
il était s'était plongé avec délices dans la plus personnelle & la plus
                                        admirait
désespérée. Ce qu'il était estimait maintenant, par-dessus tout
c'était la passion. Sans trop remarquer la forme & la couleur -
il admirait également Werther, René, Manfred, Antony
l'enthousiasmaient presqu'également   souvent       conceptions*
Frank, Lelia & bien d'autres : & souvent des œuvres médiocres
            Lara                      le charmaient qqfois
excitaient son enthousiasme parce qu'elles étaient plus voisines

de lui, que les autres-

& comme de plein pied avec son cœur
                                                   
s'était perdu
de la Nature molle, esprit naïf il avait erré sous les gds vents

Esprit naïf, altéré

l'idéal il avait bu à longs flots
lyriques, absorbé naïvement les mensonges des poëtes [& son
Il s'en était nourri, bourré, gonflé
cœur comme un ciel orageux était tout plein de ténèbres
                         d'éblouissants
chaudes*, où passaient des éclairs]. Loin de l'exciter à produire
Mais   ennivrement
cet encombrement pareil à une ivresse, arrêtait toute

d'activer    esprit
loin d'exciter son imagination
l'engourdissait
l'assoupissait.
aucune résolution ne pouvait
il ne il ne pouvait produire
trop préoccupé par les
embarras de son cœur
—
surgir dans cet
L'embarras des sentimens
empêchait la netteté* des pensées*

activité, toute initiative. il ne savait à quoi se résoudre.
Il avait fait des vers cependant, & il en récita qquns à
Deslauriers.      
Par    l'   même
Dans cet l'embarras des sentiments
des xxx par des propensions contraires il restait immobile. - & des
                     stériles          sans pouvoir se résoudre à rien
des velléités d'actions suiv continuaient les rêveries littéraires.
             qqfois          la musique             capable d'exprimer
à de certains jours l'art des sons lui semblait seule propre à rendre ses
les vagues* xxxx                il était secoué par l'aspect extérieur
sentiments. il avait comme Puis la surface des choses le pénétrait
& il voulait peindre
la peinture    une forme*                              cependant
                      Cependant il avait fait des vers. Il en récita
le vague de son cœur                               qq uns à Deslauriers

Nicole Sibireff