Gustave Flaubert — L'Éducation sentimentale [1869]

Le départ du bateau — Les passagers

Première partie, chapitre 1 — 599_002v

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Enfin le navire partit, on passa sous des ponts - & les deux
berges couvertes de magasins de chantiers & d’usines semblèrent
                                                                                              remuaient
filer comme deux larges rubans que l’on déroule. Tous s’agitaient
                        au loin
ou se montraient qq chose xxxxxx seul à l’arrière
& causaient. Mais, seul à l’arrière, un jeune homme d’environ
             environ de                        qui avait          avec de petites moustaches
de dix-huit ans, à petites moustaches, à longs cheveux & qui tenait
tenant                                                                                        avait
serrant un album sous son bras gauche restait auprès du
                                    &                   se tenait
gouvernail immobile, & sans parler.
             Il contemplait par les éclaircies du brouillard, au
soleil levant, des toits, des clochers, des dômes, des édifices dont
il ne savait pas les noms. Puis une dernière fois
& d’un seul coup d’œil, il embrassa l’île St Louis, la Cité
            & la Cité avec
Notre-Dame, l’immense amas de maisons qui descendaient
à sa gauche [avec la ligne plus indistincte de celles
qui s’étendaient à droite,] la rivière fit un coude &
Paris disparaissant il poussa un gd soupir.
               En effet Mr Frédéric Moreau, nouvellement
             nouv reçu bachelier
reçu bachelier, s’en retournait chez lui à Nogent sur
                                           rester encore pendant
Seine, sa patrie, où il devait xxxx encore deux mois

encore

                                             languir
avant d’aller faire son droit ce qui signifiait dans
          être libre &
sa pensée une foule de choses vagues & charmantes
            vivre en artiste. . .
Avec la somme strictement indispensable & par
le moyen le plus direct, sa mère l’avait envoyé
au Havre, pr y voir un oncle dont elle espérait
                                                à la nuit tombante
                                                               xxxx
l’esp l’héritage -& Revenu la veille au soir, il
avait alors pr la première fois de sa vie
foulé l’asphalte du boulevard.

& il s’était rappelé
sans subir aucune
toutes
déception les ardentes
descriptions passionnées
qu’il avait lues, naguères
au collège
dans les romans de
mœurs parisiennes
& il n’avait subi
aucune déception

                                                             devant les
             [il s’était promené longtemps, à la vitrine
                                                                le long
des boutiques, dans plusieurs passages, jusqu’au
                                           &          déception
fond des ruelles obscures. . aucune désillusion
                survenue    en se rappelant
ne lui était venue . – Le souvenir des descriptions passionnées
               admirées                   dans des
qu’il avait lues, naguères, au collège des romans de mœurs
                   qu’il avait             parisiennes
 

Nicole Sibireff