Gustave Flaubert — L'Éducation sentimentale [1869]

Le départ du bateau — Les passagers

Première partie, chapitre 1 — 599_004r

I.
 

Le 1er 7bre 1840, vers six heures du matin, la ville de Montereau
près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai St Bernard.
Comme il faisait un peu froid

un peu froid
battaient

                y avait de la brume, qques-uns, [venus trop tôt sans doute], battaient
la semelle, tout en maugréant contre les lenteurs de la manœuvre ; d'autres
                xxxxxxxxxxxx
arrivaient essoufflés, [ou envoyaient à leurs amis, par-dessus le bord, des
                  essouff
adieux avec la main,] des barriques, des câbles, & des corbeilles de linge
gênaient la circulation, les matelots [affairés] ne répondaient à
                                                               peu à peu   de plus en plus
personne ; on se heurtait, [on s’injuriait,] les colis peu à peu
                                                                                  peu à peu
montaient entre les deux tambours, et le tapage s’absorbait dans
le sifflement de la vapeur qui s'échappant, à ras du pont, par des

plaques de tôle, enveloppait tout d’une nuée blanchâtre, tandis que
                                        dans le brouillard
la cloche, à l'avant, tintait, sans discontinuer.

         des des       ou maçons
                            maçons
des ouvriers, peintres des ébénistes
                            ouvrage
appelés par leur besogne
dans les châteaux d'alentour
des négociants de Bercy qui
s’en allaient en Bourgogne
de petits
des rentiers

             pr la plupart généralement                     des boutiquiers
C’était, pr la plupart des gens du peuple, & de petits bourgeois
                     pr la plupart                                 plus       ceux qui dev.
avec leurs femmes & leurs enfants. Mais les plus riches, ceux des
s’asseoir
Premières n’étaient point reconnaissables des autres, car on avait
coutume, en ce temps-là, xxx de se vêtir sordidement pr voyager ;
et presqu’ autant par économie que pr leur commodité personnelle
et tous portaient soit des chapeaux bosselés, soit de vieux bonnets
                                                                        ou
grecs, de maigres habits noirs, [des gants déteints,] d’ignobles
chaussures. Les mentons, généralement, étaient bleuis par des barbes
                                                                                    boutons
trop longues ; [[ Çà et là quelque gilet à châle où des man
manquaient, découvrait une chemise de calicot blanc, maculée
par des taches de café. Des mains graisseuses avaient des anneaux
d'or, des sous-pieds cousus à des pantalons de lasting retenaient
          xxxxxxxxxx                   xxxx papillottes &
des savates de lisière ; & les madras, les flanelles & les
                  apparaissaient                   camisoles
papillotes se laissaient avec xxxxxx bonhommie, dans leur simplicité
familiale & quotidienne. ]]
                                 tout
Cependant le plaisir tout nouveau d’une
                                 épanouissait            visages
excursion maritime illuminait de joie ces figures, un peu
                                    animait
                                     Déjà                  commençaient leurs
blêmes naturellement. Déjà les farceurs faisaient des
                           &                                     faisaient des
plaisanteries [& les imbéciles des questions au capitaine.]
On était gai. Plusieurs chantaient. Il se versait des
petits verres
                                                             il se

Danielle Girard