Gustave Flaubert — L'Éducation sentimentale [1869]

Le départ du bateau — Les passagers

Première partie, chapitre 1 — 599_019r

2.


La rivière était bordée par des grèves de sable. des joncs, au milieu, y formaient
de larges lignes vertes. on rencontrait des trains de bois qui se mettaient
à onduler sous le remous des vagues – ou bien dans un bateau sans
voiles, un homme assis pêchait ; Puis les brumes [errantes] se fondirent
le vent tomba, le soleil parut. Des meules de blé, rondes comme des
                                                             entièrement
tours, se dressaient dans la campagne, complètement vide & roussie ;
un bouquet de peupliers la fermait à l’horizon. Mais la colline longue
qui suivait le cours de la Seine, peu à peu, s’abaissa ; & il en
surgit une autre, plus proche, sur la rive opposée
                                                         parmi
          Des arbres la couronnaient, ombrageant des maisons blanches
ayant des                               se montraient
couvertes de toits à l’italienne. Elles avaient des jardins en
pente que divisaient des murs neufs, avec des grilles de fer, des

des allées sablées
gazons
Ainsi passèrent Villeneuve-
-St Georges, Ablon, Chatillon sous Ornes,
Champsorey & plus d’un

gazons                                                       rangés symétriquement
xxxxx, des serres chaudes, & des vases de géraniums, posés réguliè-
posés régulièrement                               s’accouder
-rement sur des terrasses où l’on pouvait s’appuyer. Plus d’un
espacés                                                si tranquilles          à hte voix
en apercevant ces coquettes résidences, si tranquilles, enviaient d’en
                                                                souhaitaient
être le propriétaire, pr vivre là, jusqu’à la fin de ses jours, avec
un bon billard, une chaloupe, une femme ou quelqu’autre
rêve. Le plaisir tout nouveau d’une excursion maritime
facilitait les épanchements. [Déjà] les farceurs commençaient
                            xxxxxxxxx
leurs plaisanteries ; Beaucoup même chantaient, on était gai,
                                                même
il se versait des petits verres.                               leur

C’était, pr la plupart, des
boutiquiers, des ouvriers,
des marchands de vin de
          et
Bercy. La coutume étant
alors
de se vêtir salement en
voyage, tous portaient de
                   grecques
vieilles calottes ou des chapeaux
déteints

[[C’étaient des gens de boutiques, accompagnés de famille, des peintres
                        appelés
ou des maçons allant dans les châteaux d’alentour, des
             de vin
marchands de Bercy qui se rendaient en Bourgogne [pr leurs
                               il était                                     xxxxxxxxx
         on avait coutume alors de se vêtir salement xxxxxxxx
affaires. On avait coutume alors de se vêtir salement en
          r               aussi tous                                           pr
voyage. Aussi presque portaient, moins par économie que par
commodité des chapeaux déteints ou de vieilles calottes grecques]]
                           2                                          1
de maigres                                                                ou bien
des habits noirs, râpés par le frottement du bureau ou bien
         des                                                         xxxx
larges redingottes ouvrant la capsule de leurs boutons
                                                          un xxxxxx
pr avoir trop servi au magasin.[ça et là, qque gilet xxx
                      voir
châle laissait paraître une chemise toute maculée de café,
                      paraître

xxxx
xxxxxxxx

des sous-pieds cousus à des pantalons en lasting retenaient
                                  des épingles d’or attachaient des cravattes en
                              xxxx
                            lambeaux
pantouffles
des savattes de lisière - & cette foule un peu tassée sur l’avant
          navire formait de loin comme une seule masse d’une
du bateau était d’une seule couleur poussiéreuse /poudreuse, malgré
qques
les bonnets blancs de quelques paysannes & les pantalons
                                        rouges de trois soldats -

Nicole Sibireff