Inspiration mythologique au XVIème siècle

 

 

   Avec la Renaissance, les mythes antiques retrouvent une vigueur toute fraîche. C'est par eux que les idéaux de l'époque s'incarnent le plus nettement. Rien d'étonnant à cela : nous n'avons pas fini nous-mêmes de les questionner. Le mythe est, en effet, une histoire assez universelle pour se plier aux formes que des époques différentes entendent lui donner. Pour les poètes de la Pléiade, le mythe antique est une métaphore familière, marque d'allégeance à l'égard de l'héritage gréco-latin mais aussi véritable langage. Quels sens peut-on donc percevoir dans l'inspiration mythologique du siècle humaniste, où l'utilisation fourmillante des fables est aussi un décor à la mode ?

 

Objets d'étude :
Écriture poétique et quête du sens - Les réécritures.
Corpus :
    Joachim Du Bellay : "Une louve je vis..." (Vision (1558)
    Philippe Desportes : "Icare est chu ici..."
                                           "Je ressemble en aimant..." (Les Amours d'Hippolyte,1573)
    Louise Labé : "Diane estant en l'espesseur d'un bois..." (Sonnets, 1555)
    Pontus de Tyard : Epigramme de la fontaine de Narcisse (1555)
    Pierre de Ronsard : Hymne de l'Automne (Hymnes, 1555).

 

 

Texte 1

Joachim Du Bellay (1522-1560)
Vision (1558)

but de la séance : lecture analytique.

Une louve je vis sous l'antre d'un rocher
Allaitant deux bessons : je vis à sa mamelle
Mignardement jouer cette couple jumelle,
Et d'un col allongé la louve les lécher.

Je la vis hors de là sa pâture chercher,
Et, courant par les champs, d'une fureur nouvelle
Ensanglanter la dent et la patte cruelle
Sur les menus troupeaux pour sa soif étancher.

Je vis mille veneurs descendre des montagnes
Qui bordent d'un côté les lombardes campagnes,
Et vis de cent épieux lui donner dans le flanc.

Je la vis de son long sur la plaine étendue,
Poussant mille sanglots, se vautrer en son sang,
Et dessus un vieux tronc la dépouille pendue.

(orthographe modernisée)

Bronze étrusque. Rome, Musées capitolins

Vous pourrez procéder à la lecture méthodique de ce sonnet selon la méthode proposée dans la page concernée.

Dans votre examen de la situation de communication, vous serez particulièrement attentif à la répartition dans le poème du verbe "voir", assorti du pronom de la première personne et commandant une série de tableaux descriptifs, sans qu'aucune interprétation en soit proposée. Bien sûr, la référence à une louve allaitant des jumeaux ne peut passer inaperçue, surtout à l'époque : il s'agit de la louve qui, selon la légende, allaita les jumeaux (ou bessons) Remus et Romulus et qui devint par la suite l'emblème de la Ville. Cherchez la définition du mot "emblème" (vous trouverez "symbole" ou "allégorie"). Quel est le terme qui convient dans l'ordre des figures de rhétorique ? De quoi Du Bellay nous entretient-il ?

Dans votre analyse de la structure du sonnet, il vous faudra être attentif au passage entre les quatrains et les tercets (la "volta") et vous demander ce qui le commande : univers des quatrains par rapport à celui des tercets, sur le plan des tableaux mais aussi des rythmes (voir les enjambements des quatrains)?

Pour votre examen des champs lexicaux, il est bien évident que l'assimilation que vous pouvez faire entre la louve ici décrite et l'empire romain doit vous guider dans une sorte de décryptage des symboles (qui sont les "menus troupeaux" et ces "mille veneurs" descendant des montagnes qui bordent la Lombardie ?) Vous pouvez tirer parti du réseau lexical des quatrains, qui attribue à la louve tendresse protectrice et sauvagerie tout à la fois. La présence dans les tercets du même champ lexical de la sauvagerie peut vous faire réfléchir sur la leçon que Du Bellay suggère quant au sort qui guette les empires.

Enfin, il vous faudra montrer que ce sonnet est très soucieux des sonorités : montrez que les allitérations en "l" et en "r" sont prédominantes. Pourquoi ?

   Si vous avez, tout au long de votre lecture méthodique, établi les bilans intermédiaires que nous conseillons, ceux-ci vous ont sans doute guidé vers une interprétation d'ensemble dont vous pouvez faire état, notamment en ce qui concerne la progression du symbole. Vision est un ensemble de quinze sonnets qui suivait le recueil Les Antiquités de Rome dans sa première édition. Du Bellay avait aussi intitulé cet ajout Songe. Justifiez ce titre en vous appuyant sur le poème que vous venez d'étudier.
  Montrez que le récit, dans la création mythologique, peut aisément se passer du discours (la "moralité" qu'on pourrait en tirer, comme chez La Fontaine, par exemple). En quoi la seule évocation allégorique de la grandeur et de la décadence de l'empire romain suffit-elle à exprimer une leçon ? Laquelle ?

 

Draper : The Lament for Icarus

Texte 2

but de la séance : récit et discours; les figures de l'opposition.

Philippe Desportes (1546-1606)
Les Amours d'Hippolyte (Premières œuvres, 1573)

Icare est cheut icy, le jeune audacieux,
Qui pour voler au Ciel eut assez de courage :
Icy tomba son corps degarny de plumage,
Laissant tous braves cœurs de sa cheute envieux.

Ô bien-heureux travail d'un esprit glorieux,
Qui tire un si grand gain d'un si petit dommage !
Ô bien-heureux malheur, plein de tant d'avantage
Qu'il rende le vaincu des ans victorieux !

Un chemin si nouveau n'estonna sa jeunesse,
Le pouvoir lui faillit et non la hardiesse,
Il eut, pour le brusler, des astres le plus beau.

Il mourut poursuivant une haute adventure,
Le Ciel fut son désir, la Mer sa sépulture.
Est-il plus beau dessein, et plus riche tombeau ?

(orthographe non modernisée)

  • En lisant le texte, ayez soin de bien marquer les diérèses (rimes en "i-eux" des quatrains) !

  • Renseignez-vous d'abord sur le mythe d'Icare, qui est un des plus porteurs de sens dans notre imaginaire. Vous pouvez pour cela consulter un site consacré à la mythologie grecque P@gicare ou Champfleury, qui lui sont entièrement consacrés. L'homme grisé par la puissance nouvelle que le progrès lui a donnée, et plus encore le défi prométhéen qu'il lance aux Dieux dans un élan quasi suicidaire vers l'Absolu, ne pouvaient manquer de fasciner une époque comme la Renaissance où s'affirme une foi humaniste.

  • Montrez que le sonnet de Philippe Desportes est marqué à la fois par les indices du récit et par ceux du discours. Il s'agit en effet d'un hommage, un panégyrique (relevez les formes principales du registre laudatif : la tonalité exclamative, le lexique valorisant, les invocations, les questions rhétoriques, les hyperboles...).
      Mais il s'agit d'un hommage à un vaincu. Dans cette formulation, vous constaterez une figure de l'opposition qu'on appelle l'antithèse. Quand cette opposition est particulièrement resserrée, on parle d'oxymore (pour plus de détails, vous pouvez consulter le Lexique des termes littéraires de Jean-Eudes Gadenne). Relevez dans le poème toutes ces figures et déterminez s'il y a antithèse ou oxymore.

  •  En tirant parti de votre relevé, vous pouvez déterminer quel sens revêt pour le poète le mythe d'Icare (ici, en effet, contrairement au poème précédent, le discours ne manque pas !). En quoi peut-on dire que l'exemple d'Icare est celui d'une victoire dans la défaite ? En quoi cette victoire, magnifique de gratuité et de sacrifice, est aussi celle de la "haute advanture" de la poésie et en quoi correspond-elle à une vision optimiste de l'aventure humaine ?
    Comparez cette vision avec celle d'autres poètes et avec celle que propose Bruegel l'Ancien dans sa toile Paysage avec la chute d'Icare.

 

Texte 3

Louise Labé (1524-1566)

Sonnet XIX

but de la séance : le dialogue en poésie.

Gherardo di Giovanni del Fora, Le Combat de l'Amour et de la Chasteté, détail

Diane estant en l'espesseur d'un bois,
Après avoir mainte beste assenee,
Prenoit le frais, de Nynfes couronnee :
J'allois resvant comme fay maintefois,

Sans y penser : quand j'ouy une vois
Qui m'apela, disant, Nynfe estonnee,
Que ne t'es-tu vers Diane tournee ?
Et me voyant sans arc et sans carquois,

Qu'as-tu trouvé, o compagne, en ta voye,
Qui de ton arc et flesches ait fait proye
?
- Je m'animay, respons je, à un passant,

Et lui getay en vain toutes mes flesches
Et l'arc apres : mais lui les ramassant
Et les tirant me fit cent et cent bresches.

(orthographe non modernisée)

  • Comme pour le poème précédent, nous avons choisi de vous présenter celui-ci dans son orthographe et sa typographie originelles, ce qui peut compliquer les choses dans la distribution de la parole. Qui parle ? à qui ? Identifiez, par les indices que vous livre le poème, les deux protagonistes (nous avons, pour vous aider, coloré différemment les deux discours).

  • Le mythe de Diane est un des plus répandus au XVIème siècle, notamment parce que la maîtresse d'Henri II s'appelait Diane (de Poitiers). Ici, c'est à son équivalent grec qu'il faut songer : Artémis était la déesse de la chasse et de la chasteté (voir l'animosité dont la nymphe a voulu faire preuve à l'égard du "passant"). Relevez les allusions à ces deux fonctions dans le poème (vous pouvez, pour plus de détails sur le personnage, consulter, là encore, un site consacré à la mythologie grecque.)

  • Comment se répartit la parole dans le sonnet ? Observez les enjambements qui empêchent toute pause dans le poème jusqu'au dernier vers du premier tercet et concentrent l'attention sur la réponse de la Nymphe dans une sorte de quatrain final. Montrez qu'un tel bouleversement de la structure classique du sonnet dynamise le poème et lui donne une sorte de tension dramatique.

  • En revanche, Louise Labé est fidèle à la tradition de la chute, vers laquelle la plupart des sonnets sont tendus et qui donne son prix au dernier tercet, voire au dernier vers. Montrez qu'on assiste ici à un glissement vers un autre mythe, où il est là aussi question de flèches (notre illustration peut vous y aider !). Que conclure de ce récit où la femme apparaît victime de l'amour, considéré comme une blessure ("cent et cent brèches") et une malédiction fatale (donnez tout son prix à l'adjectif "étonnée" du deuxième quatrain, qui signifie "frappée par le tonnerre") ?

 Le mythe reste ici peut-être un peu ornemental et sert de prétexte à une variation brillante sur le modèle du sonnet. Mais il est surtout mis au service d'une expression personnelle et pudique du trouble amoureux. Le "fabuleux manteau" dont parle Ronsard lorsqu'il évoque la particularité du métier poétique prend tout son sens : quel peut être l'intérêt de faire un détour par le mythe pour exprimer ses idées ou ses émotions ?

 

 

Texte 4

Pontus de TYARD (1521-1605)

Épigramme de la fontaine de Narcisse
(Douze Fables de fleuves ou fontaines, ~ 1555)

but de la séance : la réécriture du mythe.

Le Caravage, Narcisse, ~ 1597

Narcisse aime sa sœur, sa chère sœur jumelle,
Sa sœur aussi pour lui brûle d'ardeur extrême ;
L'un en l'autre se sent être un second soi-même :
Ce qu'elle veut pour lui, il veut aussi pour elle.

De semblable beauté est cette couple belle,
Et semblable est le feu qui fait que l'un l'autre aime,
Mais la sœur est première à qui la Parque blême
Ferme les jeunes yeux d'une nuit éternelle.

Narcisse en l'eau se voit, y pensant voir sa sœur;
Ce penser le repaît d'une vaine douceur,
Qui coulée en son cœur, lui amoindrit sa peine.

De lui son nom retint l'amoureuse fontaine,
Dans laquelle reçoit, quiconque aimant s'y mire,
Quelque douce allégeance à l'amoureux martyre.

(orthographe modernisée)

  • Le mythe de Narcisse est de ceux que la psychanalyse a le plus utilisés pour figurer les postulations de l'inconscient (vous pourrez utilement consulter une page consacrée à la "mythopologie" de Narcisse et des Arsenics).

  • La version du mythe que donne ici Pontus de Tyard est celle que rapporte le géographe Pausanias (II° siècle) : « On dit que Narcisse avait une sœur jumelle qui lui ressemblait parfaitement; c'était même air de visage, même chevelure, souvent même ils s'habillaient l'un comme l'autre, et chassaient ensemble. Narcisse devint amoureux de sa sœur, mais il eut le malheur de la perdre. Après ce douloureux événement, livré à la mélancolie, il venait sur le bord d'une fontaine, dont l'eau était comme un miroir, où il prenait plaisir à se contempler, non qu'il ne sût bien que c'était son ombre qu'il voyait, mais en la voyant il croyait voir sa sœur, et c'était une consolation pour lui.» (Description de la Grèce, livre IX). En quoi cette version vient-elle approfondir ou nuancer cet amour de soi que l'on nomme le narcissisme ?

  • Consultez un autre corpus concernant ce mythe dans un sujet proposé au baccalauréat.

  • Recherchez les différentes versions des mythes suivants chez les auteurs que nous citons : Narcisse (Gide/Valéry), Antigone (Sophocle/Anouilh), Prométhée (Eschyle/Goethe), Œdipe (Sophocle/Cocteau), Iphigénie (Euripide/Racine). Précisez l'apport de chacun d'eux à la tradition et la particularité de leur lecture du mythe concerné.

 

 Synthèses.

1. Évaluation sommative.

 

Texte 5
Philippe Desportes (1546-1606)
Les Amours d'Hippolyte
(Premières œuvres, 1573)

Méduse par Le Caravage, 1595

Je ressemble en aimant au valeureux Persée
Que sa belle entreprise a fait si glorieux,
Ayant d'un vol nouveau pris la route des dieux,
Et sur tous les mortels sa poursuite haussée.

Emporté tout ainsi de ma haute pensée
Je vole aventureux aux soleils de vos yeux,
Et vois mille beautés qui m'élèvent aux cieux
Et me font oublier toute peine passée.

Mais, hélas ! je n'ai pas le bouclier renommé
Dont contre tous périls Vulcain l'avait armé,
Par lequel sans danger il put voir la Gorgone.

Au contraire à l'instant que je m'ose approcher
De ma belle Méduse inhumaine et félonne,
Un trait de ses regards me transforme en rocher.

(orthographe modernisée)

 

  Pour l'étude de ce cinquième texte, vous pourrez commencer par vous renseigner sur le personnage mythologique de Persée, dont Desportes fait un nouvel Icare : il s'agit en effet de la même consécration d'une « haute aventure » qui place le héros au-dessus des mortels. Mais le mythe sert ici une tout autre intention, qui est d'ordre amoureux : le poète manifeste son infériorité par rapport au héros grec dans la conquête d'une « Méduse » qui, par son pouvoir de sidération, est devenue la femme aimée. A partir de là, la Gorgone devient le vrai sujet du poème, exprimant le topos de la femme cruelle. Ce sonnet de Desportes ne présente pas de difficulté particulière et vous permettra de revoir utilement les notions acquises précédemment :
- repérer et commenter la structure du sonnet.
- repérer les différentes formes de discours.
- le mythe fournit de hauts exemples de courage et d'exception; il fournit aussi à la littérature des récits et des formes susceptibles de se prêter à plusieurs variations. Montrez que les mythes de Persée et de Méduse sont ici utilisés pour ces deux raisons différentes.

 

2. Réflexion et prolongements :

Nous vous proposons enfin d'observer un sixième texte avant de mettre à profit vos remarques :

Texte 6

Pierre de Ronsard (1524-1585)
Hymne de l'Automne (Hymnes, 1555).

[Vous pourrez prendre connaissance du début de ce poème sur la page que nous consacrons à la Pléiade : Euterpe, muse de la poésie lyrique, s'adresse au poète. Le texte est dédié au secrétaire d'État Claude de l'Aubépine.]

« Tu seras du vulgaire appelé frénétique,
Insensé, furieux, farouche, fantastique,
Maussade, malplaisant, car le peuple médit
De celui qui de mœurs aux siennes contredit.
Mais courage, Ronsard ! les plus doctes poètes,
Les Sibylles, Devins, Augures et Prophètes,
Hués, sifflés, moqués des peuples ont été,
Et toutefois, Ronsard, ils disaient vérité.
N'espère d'amasser de grands biens en ce monde :
Une forêt, un pré, une montagne, une onde
Sera ton héritage, et seras plus heureux
Que ceux qui vont cachant tant de trésors chez eux.
Tu n'auras point de peur qu'un Roi, de sa tempête,
Te vienne en moins d'un jour escarbouiller la tête
Ou confisquer tes biens, mais, tout paisible et coi,
Tu vivras dans les bois pour la Muse et pour toi. »
  Ainsi disait la nymphe, et de là je vins être
Disciple de Dorat, qui longtemps fut mon maître ;
M'apprit la poésie, et me montra comment
On doit feindre et cacher les fables proprement,
Et à bien déguiser la vérité des choses
D'un fabuleuxmanteau dont elles sont encloses.
J'appris en son école à immortaliser
Les hommes que je veux célébrer et priser,
Leur donnant de mes biens, ainsi que je te donne
Pour présent immortel l'Hymne de cet automne.

(orthographe modernisée)

 

Le texte se rattache au genre des manifestes poétiques, textes dans lesquels l'écrivain tente de définir ses convictions et ses principes en matière d'art. Ici, il est significatif que la parole soit donnée à la muse Euterpe, émanation de la divinité, puisque le métier poétique est considéré comme sacré et que l'inspiration est donnée par les dieux. Outre le mythe moderne du poète maudit qui se constitue ici (montrez-le), il est intéressant pour notre propos de noter la fonction que Ronsard attache aux mythes (les mots "fables" et "fabuleux" renvoient au mot latin fabula qui signifie "mythe") : il s'agit bel et bien de cacher, de dissimuler "la vérité des choses". Dans l'Hymne de l'Hiver, Ronsard précise cette intention : c'est, dit-il, « Afin que le vulgaire ait désir de chercher / La couverte beauté dont il n'ose approcher ». Expliquez cette intention et rattachez-la au caractère sacré donné, depuis Platon, à la poésie.

Ce détour par le mythe considéré comme une volonté de voiler les vérités pour que le profane ait le désir de les découvrir permet-il de cerner complètement les formes de l'inspiration mythologique au XVI° siècle ? Dans tous les cas, le mythe invite à une lecture plurielle. Parce qu'il met en scène des références connues de tous (Icare, Diane, Cupidon...), le mythe est un langage où se dessinent toujours les grandes postulations de l'âme humaine. Mais la mythologie gréco-latine ne répond-elle pas pour les humanistes à d'autres exigences ? Montrez que s'y affirment déjà de grands idéaux modernes concernant les sociétés (Du Bellay), l'héroïsme de la révolte (Desportes), l'amour (Labé, Pontus de Tyard) ou la condition du poète (Ronsard). En ce sens, la renaissance du mythe païen au XVI° siècle est un pont jeté entre l'Antiquité et les temps modernes par-dessus tous les obscurantismes.

 

   Sujet de réflexion : Michel Tournier affirme dans Le vent Paraclet (1977) que le rôle d'un écrivain est "d'empêcher que le mythe se transforme en allégorie". Si ce dernier terme évoque l'enveloppe abstraite et convenue du symbole, on ne peut que souhaiter en effet que l'écrivain soit soucieux de préserver la vie et l'actualité des mythes qu'il emprunte à telle tradition ou qu'il crée. Comment les auteurs des textes que nous venons d'étudier vous semblent-ils avoir maintenu vivants les mythes qui les ont inspirés ?
   
Prolongements : Une époque se reconnaît aux mythes qu'elle privilégie. Ainsi le XIX° siècle exprimera sa confiance dans le génie humain et dans l'essor de la science en questionnant inlassablement le mythe de Prométhée. La première partie du XX° siècle reconnaîtra dans le mythe d'Œdipe sa vision tragique d'une existence absurde. Quels sont, à votre avis, les mythes les plus présents aujourd'hui et que trahissent-ils de nos valeurs ?

 

 

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