L'ESSAI, LA DISCUSSION

 

 

 

    Le plan dialectique de la dissertation peut parfois être avantageusement ramené aux deux parties de la discussion traditionnelle : c'est ce que l'on appelle l'essai. Il est entrepris d'un seul et même élan, tout entier tendu vers l'affirmation de votre jugement. Pour cela, nous vous proposons de concéder les aspects acceptables de la thèse adverse dans une première partie, puis d'affirmer dans la seconde votre position.

 

Exercice 1 : la confrontation des thèses :

     Examinez les deux textes suivants :

Texte 1 - Guy de MAUPASSANT - Adieu mystères (8 novembre 1881) Texte 2 - Robert DEBRÉ - L'irrationnel et la peur du futur (Ce que je crois, 1974).

 Adieu, mystères, vieux mystères du vieux temps, vieilles croyances de nos pères, vieilles légendes enfantines, vieux décors du vieux monde !
Nous passons tranquilles maintenant, avec un sourire d'orgueil, devant l'antique foudre des dieux, la foudre de Jupiter et de Jéhova emprisonnée en des bouteilles !
 Oui ! vive la science, vive le génie humain ! gloire au travail de cette petite bête pensante qui lève un à un les voiles de la création !
 Le grand ciel étoilé ne nous étonne plus. Nous savons les phases de la vie des astres, les figures de leurs mouvements, le temps qu'ils mettent à nous jeter leur lumière.
 La nuit ne nous épouvante plus, elle n'a point de fantômes ni d'esprits pour nous. Tout ce qu'on appelait phénomène est expliqué par une loi naturelle. Je ne crois plus aux grossières histoires de nos pères. J'appelle hystériques les miraculées. Je raisonne, j'approfondis, je me sens délivré des superstitions.
 Eh bien, malgré moi, malgré mon vouloir et la joie de cette émancipation, tous ces voiles levés m'attristent. Il me semble qu'on a dépeuplé le monde. On a supprimé l'Invisible. Et tout me paraît muet, vide, abandonné !
 Quand je sors la nuit, comme je voudrais pouvoir frissonner de cette angoisse qui fait se signer les vieilles femmes le long des murs des cimetières, et se sauver les derniers superstitieux devant les vapeurs étranges des marais et les fantasques feux follets. Comme je voudrais croire à ce quelque chose de vague et de terrifiant qu'on s'imaginait sentir passer dans l'ombre ! Comme les ténèbres des soirs devaient être plus noires autrefois, grouillantes de tous ces êtres fabuleux !
 Et voilà que nous ne pouvons plus même respecter le tonnerre, depuis que nous l'avons vu de si près, si patient et si vaincu.

   Au cours des siècles passés régnait la croyance aux sorciers, la confiance dans les charlatans, les diseurs de bonne aventure, les astrologues, les visionnaires. Au cours du XVIIIème siècle, et du XIXème siècle, le développement de l'esprit critique diminua leur influence et souvent on en riait. Voici qu'à présent, il est de bon ton de ne pas accepter les justes méthodes, les démonstrations rationnelles et les expériences valables de la science « officielle », c'est-à-dire de la vraie science, mais de lui opposer les succès de ceux qui guérissent des maux incurables par l'imposition des mains ou l'ingestion d'une tisane bien composée. L'hypnotisme et le somnambulisme renaissent. Aux efforts difficiles de la psychologie pour acquérir les caractères d'une science, on oppose la parapsychologie et ses fantaisies. Des chimères se mêlent aux sottises. La radio et la télévision prédisent à chacun son avenir personnel, ses difficultés d'argent, ses peines de cœur et toutes les aventures de sa vie en lui rappelant qu'il est né sous l'influence d'une constellation ou d'un astre. [...]
  Comme dans toutes les basses époques, c'est la diffusion de cette crédulité qui manifeste la défaite du bon sens et de la raison. Même chez certains qui se disent ou se croient éclairés, cet appel à l'irrationnel se propage. Point d'effort pour comprendre — il n'est pas toujours simple d'y parvenir —, mais plutôt la recherche d'un refuge vers les mystères ou l'abri que procure une crédibilité qui va souvent jusqu'à la sottise.
  Quel succès pour les soucoupes volantes ! Enquêtes, interrogations de témoins, interprétations naïves remplissent parfois les colonnes des journaux et occupent des heures d'émissions radiophoniques. Certains paysans éprouvaient encore au XIXème siècle la crainte des feux follets qui dans la nuit les poursuivaient lorsqu'ils couraient autour de la Mare au Diable, alors que déjà on savait que les bulles incandescentes de gaz méthane n'avaient rien de diabolique...
  Ce retour vers les errements et surtout les terreurs du passé n'est pas un bon signe.

Texte 3 - Bertolt BRECHT, La Vie de Galilée (1955).

[5 mars 1616. Un décret de l'Inquisition condamne, « pour hérésie », l'héliocentrismede Copernic et « invite » l'astronome Galileo Galilei à renoncer à poursuivre ses recherches.]

LE PETIT MOINE. – Monsieur Galilée, je n'en dormais plus depuis trois nuits. Je ne savais comment concilier le décret que j'ai lu et les satellites de Jupiter que j'ai vus. J'ai décidé de dire la messe ce matin tôt, et puis de venir chez vous.
GALILÉE.– Pour me faire savoir que Jupiter n'a pas de satellites ?
LE PETIT MOINE.– Non. J'ai réussi à pénétrer la sagesse de ce décret. Il m'a révélé quels dangers recèle pour l'humanité une recherche sans entraves, et j'ai résolu d'abandonner l'astronomie. Pourtant, il m'importe encore de vous soumettre les mobiles qui peuvent pousser même un astronome à renoncer au développement de certaines théories.
GALILÉE.– Ces mobiles me sont connus, je crois.
LE PETIT MOINE.– Je comprends votre amertume. Vous songez à certains moyens de pression extraordinaires de l'Église.
GALILÉE.– Nommez-les sans crainte : instruments de torture.
LE PETIT MOINE.– Mais je voudrais avancer d'autres raisons. Permettez que je parle de moi. J'ai grandi en Campanie, je suis fils de paysans. Ce sont des gens simples. Ils savent tout de l'olivier, mais pour le reste, bien peu de choses. Alors que j'observe les phases de Vénus, je me représente mes parents assis avec ma sœur autour du feu, mangeant leur plat de fromage. Je vois au-dessus d'eux les poutres noircies par la fumée de plusieurs siècles, et je vois parfaitement leurs vieilles mains usées par le travail et la cuiller dans leurs mains. Tout ne va pas bien pour eux et pourtant, un certain ordre gît, caché, dans leur misère même. [...] La force de traîner, ruisselants de sueur, leurs paniers en haut du chemin pierreux, la force de mettre au monde des enfants, oui, de manger même, ils la puisent dans le sentiment de permanence et de nécessité que leur procurent le spectacle de la terre, la vue des arbres qui verdissent à nouveau chaque année, et celle de leur petite église où l'on écoute le dimanche les textes bibliques. On leur a assuré que l'œil de la divinité est posé sur eux, scrutateur, oui, presque angoissé, que tout le théâtre du monde est construit autour d'eux afin qu'eux, les agissants, puissent faire leurs preuves dans leurs rôles grands ou petits. Que diraient les miens s'ils apprenaient de moi qu'ils se trouvent sur un petit amas de pierres qui, tournant à l'infini dans l'espace vide, se meut autour d'un autre astre, petit amas parmi beaucoup d'autres, passablement insignifiant de surcroît. A quoi serait encore utile ou bonne alors, une telle patience, une telle acceptation de leur misère ? A quoi serait bonne encore l'Écriture Sainte qui a tout expliqué et tout justifié comme étant nécessaire, la sueur, la patience, la faim, la soumission et en qui maintenant on trouve tant d'erreurs ? Non, je vois leurs regards s'emplir de crainte, je les vois poser leurs cuillers sur la pierre du foyer, je vois comme ils se sentent trahis et trompés. Il n'y a donc aucun œil posé sur nous, disent-ils. C'est à nous d'avoir l'œil sur nous, incultes, vieux et usés comme nous le sommes ? Personne ne nous a pourvus d'un autre rôle que celui-ci, terrestre, pitoyable, sur un astre minuscule, dans la dépendance de tout, autour duquel rien ne tourne ? Il n'y a aucun sens à notre misère, la faim, c'est bien ne-pas-avoir-mangé, ce n'est pas une mise à l'épreuve ; l'effort, c'est bien se courber et tirer, pas un mérite. Comprenez-vous alors que je lise dans le décret de la Sainte Congrégation une noble compassion maternelle, une grande bonté d'âme ?
GALILÉE.– Bonté d'âme ! Sans doute voulez-vous simplement dire qu'il n'y a plus rien à manger, que le vin est bu, que leurs lèvres se dessèchent, et qu'ils n'ont plus qu'à baiser la soutane ! Mais pourquoi n'y a-t-il jamais rien ? Pourquoi l'ordre dans ce pays est-il seulement l'ordre d'une huche vide, et la seule nécessité, celle de travailler jusqu'à en mourir ? Entre des vignobles chargés de fruits, au bord des champs de blé ! Vos paysans de Campanie payent les guerres que le vicaire du doux Jésus mène en Espagne et en Allemagne. Pourquoi met-il la terre au centre de l'univers ? Pour que le Saint-Siège puisse être au centre de la terre ! C'est de cela qu'il s'agit. Vous avez raison, il ne s'agit pas des planètes mais des paysans de Campanie. Et ne me parlez pas de la beauté des phénomènes que l'âge a magnifiés ! [...] Les vertus ne sont pas liées à la misère, mon cher. Si vos gens étaient prospères et heureux, ils pourraient développer les vertus de la prospérité et du bonheur. Pour l'heure, ces vertus de gens épuisés proviennent de terres épuisées et je les refuse. Mes nouvelles pompes à eau peuvent faire plus de miracles que votre ridicule harassement surhumain.

Vous voici en présence de deux thèses, donc de deux parties possibles : la rédaction de l'essai peut maintenant entreprendre de confronter les thèses de manière à mettre en valeur celle que vous entendez soutenir. Vous utiliserez d'abord la concession pour modaliser la thèse adverse.

 

Application : Poésie et science :

     Lisez les deux textes suivants :

Texte 1 - CHATEAUBRIAND, Génie du christianisme [1802], III, 1 Texte 2 - APOLLINAIRE, « L’esprit nouveau et les poètes » [1918]

  Plusieurs personnes ont pensé que la science entre les mains de l’homme dessèche le cœur, désenchante la nature, mène les esprits faibles à l’athéisme, et de l’athéisme au crime ; que les beaux-arts, au contraire, rendent nos jours merveilleux, attendrissent nos âmes, nous font pleins de foi envers la Divinité, et conduisent par la religion à la pratique des vertus. […]
 Toute pénible que cette vérité puisse être pour les mathématiciens, il faut cependant le dire : la nature ne les a pas faits pour occuper le premier rang. Hors quelques géomètres inventeurs, elle les a condamnés à une triste obscurité ; et ces génies inventeurs eux-mêmes sont menacés de l’oubli, si l’historien ne se charge de les annoncer au monde : Archimède doit sa gloire à Polybe, et Voltaire a créé parmi nous la renommée de Newton. […] D’Alembert aurait aujourd’hui le sort de Varignon et de Duhamel, dont les noms encore respectés de l’École n’existent plus pour le monde que dans les éloges académiques, s’il n’eût mêlé la réputation de l’écrivain à celle du savant. Un poète avec quelques vers passe à la postérité, immortalise son siècle, et porte à l’avenir les hommes qu’il a daigné chanter sur sa lyre : le savant, à peine connu pendant sa vie, est oublié le lendemain de sa mort. Ingrat malgré lui, il ne peut rien pour le grand homme, pour le héros qui l’aura protégé. En vain il placera son nom dans un fourneau de chimiste ou dans une machine de physicien : estimables efforts, dont pourtant il ne sortira rien d’illustre. La Gloire est née sans ailes, il faut qu’elle emprunte celles des Muses, quand elle veut s’envoler aux cieux. […]
 Que les mathématiciens cessent donc de se plaindre, si les peuples, par un instinct général, font marcher les lettres avant les sciences ! C’est qu’en effet l’homme qui a laissé un seul précepte moral, un seul sentiment touchant à la terre, est plus utile à la société que le géomètre qui a découvert les plus belles propriétés du triangle. […] Entêtés de leurs calculs, les géomètres manœuvres ont un mépris ridicule pour les arts d’imagination : ils sourient de pitié quand on leur parle de littérature, de morale, de religion ; ils connaissent, disent-ils, la nature. N’aime-t-on pas autant l’ignorance de Platon, qui appelle cette même nature une poésie mystérieuse ?

   Les jeux divins de la vie et de l’imagination donnent carrière à une activité poétique toute nouvelle. C’est que poésie et création ne sont qu’une même chose ; on ne doit appeler poète que celui qui invente, celui qui crée, dans la mesure où l’homme peut créer. Le poète est celui qui découvre de nouvelles joies, fussent-elles pénibles à supporter. On peut être poète dans tous les domaines : il suffit que l’on soit aventureux et que l’on aille à la découverte.
  Le domaine le plus riche, le moins connu, celui dont l’étendue est infinie étant l’imagination, il n’est pas étonnant que l’on ait réservé plus particulièrement le nom de poètes à ceux qui cherchent les joies nouvelles qui jalonnent les énormes espaces imaginatifs. Le moindre fait est pour le poète le postulat, le point de départ d’une immensité inconnue où flambent les feux de joie des significations multiples. […] C’est pourquoi le poète d’aujourd’hui ne méprise aucun mouvement de la nature, et son esprit poursuit la découverte aussi bien dans les synthèses les plus vastes et les plus insaisissables : foules, nébuleuses, océans, nations, que dans les faits en apparence les plus simples : une main qui fouille une poche, une allumette qui s’allume par le frottement, des cris d’animaux, l’odeur des jardins après la pluie, une flamme qui naît dans un foyer. Les poètes ne sont pas seulement les hommes du beau. Ils sont encore et surtout les hommes du vrai, en tant qu’il permet de pénétrer dans l’inconnu, si bien que la surprise, l’inattendu est un des principaux ressorts de la poésie d’aujourd’hui. Et qui oserait dire que, pour ceux qui sont dignes de la joie, ce qui est nouveau ne soit pas beau ? Les autres se chargeront vite d’avilir cette nouveauté sublime, après quoi elle pourra entrer dans le domaine de la raison, mais seulement dans les limites où le poète, seul dispensateur du beau et du vrai, en aura fait la proposition. L’esprit nouveau […] lutte […] pour ouvrir des vues nouvelles sur l’univers extérieur et intérieur qui ne soient point inférieures à celles que les savants de toutes catégories découvrent chaque jour et dont ils tirent des merveilles. Ces merveilles nous imposent le devoir de ne pas laisser l’imagination et la subtilité poétique derrière celle des artisans qui améliorent une machine. Déjà, la langue scientifique est en désaccord profond avec celle des poètes. C’est un état de choses insupportable. Les mathématiciens ont le droit de dire que leurs rêves, leurs préoccupations dépassent souvent de cent coudées les imaginations rampantes des poètes.

  • Après avoir recensé les arguments de ces deux textes, vous prendrez le parti de la poésie face à la science en vous efforçant de tenir un propos plus mesuré que celui de Chateaubriand. Vous pourrez pour cela vous aider du texte suivant :

Texte 3 - SAINT-JOHN PERSE, Discours de réception du prix Nobel [1960].

[...] La dissociation semble s'accroître entre l'œuvre poétique et l'activité d'une société soumise aux servitudes matérielles. Écart accepté, non recherché par le poète, et qui serait le même pour le savant sans les applications pratiques de la science.
  Mais du savant comme du poète, c'est la pensée désintéressée que l'on entend honorer ici. Qu'ici du moins ils ne soient plus considérés comme des frères ennemis. Car l'interrogation est la même qu'ils tiennent sur un même abîme, et seuls leurs modes d'investigation différent.
  Quand on mesure le drame de la science moderne découvrant jusque dans l'absolu mathématique ses limites rationnelles; quand on voit, en physique, deux grandes doctrines maîtresses poser, l'une un principe général de relativité, l'autre un principe quantique d'incertitude et d'indéterminisme qui limiterait à jamais l'exactitude même des mesures physique; quand on a entendu le plus grand novateur scientifique de ce siècle, initiateur de la cosmologie moderne et répondant de la plus vaste synthèse intellectuelle en termes d'équations, invoquer l'intuition au secours de la raison et proclamer que «l'imagination est le vrai terrain de germination scientifique», allant même jusqu'à réclamer pour le savant le bénéfice d'une véritable «vision artistique» - n'est on pas en droit de tenir l'instrument poétique pour aussi légitime que l'instrument logique ?
  Au vrai, toute création de l'esprit est d'abord « poétique » au sens propre du mot; et dans l'équivalence des formes sensibles et spirituelles, une même fonction s'exerce, initialement, pour l'entreprise du savant et pour celle du poète. De la pensée discursive ou de l'ellipse poétique, qui va plus loin et de plus loin ? Et de cette nuit originelle où tâtonnent deux aveugles-nés, l'un équipé de l'outillage scientifique, l'autre assisté des seules fulgurations de l'intuition, qui donc plus tôt remonte, et plus chargé de brève phosphorescence. La réponse n'importe. Le mystère est commun. Et la grande aventure de l'esprit poétique ne le cède en rien aux ouvertures dramatiques de la science moderne. Des astronomes ont pu s'affoler d'une théorie de l'univers en expansion; il n'est pas moins d'expansion dans l'infini moral de l'homme - cet univers. Aussi loin que la science recule ses frontières, et sur tout l'arc étendu de ces frontières, on entendra courir encore la meute chasseresse du poète. Car si la poésie n'est pas, comme on l'a dit, «le réel absolu», elle en est bien la plus proche convoitise et la plus proche appréhension, à cette limite extrême de complicité où le réel dans le poème semble s'informer lui-même. Par la pensée analogique et symbolique, par l'illumination lointaine de l'image médiatrice, et par le jeu de ses correspondances, sur mille chaînes de réactions et d'associations étrangères, par la grâce enfin d'un langage où se transmet le mouvement même de l'Être, le poète s'investit d'une surréalité qui ne peut être celle de la science. Est-il chez l'homme plus saisissante dialectique et qui de l'homme engage plus? Lorsque les philosophes eux-mêmes désertent le seuil métaphysique, il advient au poète de relever là le métaphysicien; et c'est la poésie, alors, non la philosophie, qui se révèle la vraie «fille de l'étonnement», selon l'expression du philosophe antique à qui elle fut le plus suspecte.
  Mais plus que mode de connaissance, la poésie est d'abord mode de vie - et de vie intégrale. Le poète existait dans l'homme des cavernes, il existera dans l'homme des âges atomiques parce qu'il est part irréductible de l'homme.

 

Exercice 2 : la concession :

 

  Concéder consiste à reconnaître à la thèse adverse une part de vérité. On sait que, dans le domaine des idées, rien n'est tout à fait vrai ni tout à fait faux. La concession permet en outre de donner à sa position une force d'autant plus grande qu'on aura su repérer ses limites et paraître tolérant. Ses outils syntaxiques et lexicaux sont simples et vous saurez les varier :

- des adverbes ou expressions adverbiales : naturellement, certes, bien sûr, en effet ...
- des verbes : reconnaître, admettre, concéder ... (parfois à l'impératif : "reconnaissons que ...")
- des tournures impersonnelles, des périphrases : il est vrai , il serait vain de nier ...

en bref, toutes les formules qui laissent en suspens le "mais" ou le "pourtant" qui vous feront ensuite abonder dans le sens de vos convictions !

  Examinez par exemple le paragraphe suivant : quel est l'intérêt ici de la stratégie concessive ?

[Le général de Gaulle évoque la libération de Paris et sa marche triomphale sur les Champs-Élysées.]

  Puisque chacun de ceux qui sont là a, dans son cœur, choisi Charles de Gaulle comme recours de sa peine et symbole de son espérance, il s'agit qu'il le voie, familier et fraternel, et qu'à cette vue resplendisse l'unité nationale. Il est vrai que des états-majors se demandent si l'irruption d'engins blindés ennemis ou le passage d'une escadrille jetant des bombes ou mitraillant le sol ne vont pas décimer cette masse et y déchaîner la panique. Mais moi, ce soir, je crois à la fortune de la France. Il est vrai que le service d'ordre craint de ne pouvoir contenir la poussée de la multitude. Mais je pense, au contraire, que celle-ci se disciplinera. Il est vrai qu'au cortège des compagnons qui ont qualité pour me suivre se joignent, indûment, des figurants de supplément. Mais ce n'est pas eux qu'on regarde. Il est vrai, enfin, que moi-même n'ai pas le physique, ni le goût, des attitudes et des gestes qui peuvent flatter l'assistance. Mais je suis sûr qu'elle ne les attend pas.

      -  Retrouvez dans cette réponse de Diderot à Voltaire un bel exemple de concession.

 

A. Apprenons tout d'abord à mettre en balance les aspects contradictoires d'un problème.
 Voici une série de phénomènes relatifs à la croissance économique. Pour chaque aspect, imaginez une conséquence positive et une conséquence négative et, selon que votre opinion sera favorable ou défavorable à cette croissance, concédez les arguments qui vont dans un sens opposé au vôtre avant d'affirmer ceux qui vous paraissent valides :
(Exemple : Il est vrai que l'automatisation a libéré l'homme des tâches aliénantes, mais elle a contribué à le rendre trop dépendant des machines).

l'automatisation - le développement des grandes surfaces - l'énergie nucléaire - le développement des multinationales - la surconsommation - l'américanisation des modes de vie.

 

B.Lisez le texte suivant : comment l'auteur exprime-t-il les concessions qu'il fait à la thèse adverse ?

 Comment nier que la vie de l'homme s'améliore, comment nier qu'il a presque toujours su s'adapter aux conditions que la nature ou lui-même lui imposaient ?
 Il est exact que les progrès techniques dus à son ingéniosité sont encore réservés à une minorité d'humains et que, même dans nos pays, des tâches défavorisées subsistent ; mais de meilleures conditions gagnent chaque année un nouveau pays, une nouvelle couche sociale.
 Il est exact que chaque amélioration technique a ses inconvénients et qu'aucune des pollutions que l'on décrit n'est un leurre ; elles ne doivent pas être minimisées, elles sont des dangers certains, évitables pour la plupart. Le ciel de nos villes peut redevenir clair, l'expérience de Londres le prouve. Nos rivières devenues cloaques peuvent redevenir limpides, la Suède le prouve. Nos rues et nos campagnes peuvent être nettoyées.
 Le perfectionnement de nos automobiles ayant fait du permis de conduire un permis de port d'arme, nous avons les moyens de lutter contre l'idiote mortalité liée à la circulation routière.
 L'évolution de nos techniques est inévitable, elle est liée à l'insatisfaction de l'homme, à ses désirs, à ses ardeurs. Personne ne peut arrêter cette marche. A lui de veiller à ce que les avantages en surpassent les conséquences fâcheuses.
 Mais le rôle des moralistes, des penseurs, des médecins, de ceux qui détiennent le pouvoir et la parole est d'aider l'homme à vivre, alors que sa condition est absurde : poussière, il retourne à la poussière après quelques décennies d'agitation sur cette terre. Leur fonction sociale est d'aider l'homme à vivre et non d'entretenir l'angoisse et le désespoir.
 Continuons à travailler à l'amélioration de la vie, soyons plus vigilants sur les effets de nos nouvelles techniques, mais ne participons pas à la panique collective de l'an 2000.
Jean-Claude Sournia, "La grande peur de l'an 2000" (Le Monde).

 

 

C.Examinez l'extrait ci-dessous : Robinson Crusoé, naufragé sur une île déserte, confronte en un tableau rigoureux les arguments qui font état de la précarité de sa condition et ceux qui soulignent sa chance : traitez les arguments de la première colonne sur le mode concessif en variant les formules et en modalisant les énoncés.
  Peut-on procéder ensuite, de manière inverse, en concédant la deuxième colonne ? Pourquoi ?

 Comme ma raison commençait alors à me rendre maître de mon découragement, j'essayais de me consoler moi-même du mieux que je pouvais, en confrontant mes biens et mes maux, afin que je puisse bien me convaincre que mon sort n'était pas le pire -, et, comme débiteur et créancier, j'établis, ainsi qu'il suit, un compte très fidèle de mes jouissances en regard des misères que je souffrais :

LE MAL LE BIEN

— Je suis jeté sur une île horrible et désolée, sans aucun espoir de délivrance.
— Je suis écarté et séparé, en quelque sorte, du monde entier pour être misérable.
— Je suis retranché du nombre des hommes ; je suis un solitaire, un banni de la société humaine.
— Je n'ai point de vêtements pour me couvrir.
— Je suis sans aucune défense, et sans moyen de résister à aucune attaque d'hommes ou de bêtes.
— Je n'ai pas une seule âme à qui parler, ou qui puisse me consoler.

— Mais je suis vivant -, mais je n'ai pas été noyé comme l'ont été tous mes compagnons de voyage.
— Mais j'ai été séparé du reste de l'équipage pour être préservé de la mort ; et Celui qui m'a miraculeusement sauvé de la mort peut aussi me délivrer de cette condition.
— Mais je ne suis point mourant de faim et expirant sur une terre stérile qui ne produise pas de nourriture.
— Mais je suis dans un climat chaud, où, si j'avais des vêtements, je pourrais à peine les porter.
— Mais j'ai échoué sur une île où je ne vois nulle bête féroce qui puisse me nuire, comme j'en ai vu sur la côte d'Afrique et que serais-je si j'y avais naufragé ?
— Mais Dieu, par un prodige, a envoyé le vaisseau assez près du rivage pour que je puisse en tirer tout ce qui m'est nécessaire pour suppléer à mes besoins ou me rendre capable d'y suppléer moi-même autant que je vivrai.

  En somme, il en résultait ce témoignage indiscutable, que, dans le monde, il n'est point de condition si misérable où il n'y ait quelque chose de positif ou de négatif dont on doive être reconnaissant. Que ceci demeure donc comme une leçon tirée de la plus affreuse de toutes les conditions humaines, qu'il est toujours en notre pouvoir de trouver quelques consolations qui peuvent être placées dans notre bilan des biens et des maux au crédit de ce compte.

Daniel Defoe, Robinson Crusoé (1719).

 

 

Exercice 3 : l'organisation de l'essai :

 

   Examinez le texte suivant :

[Octave Mouret dirige un grand magasin et ses tactiques publicitaires séduisent la clientèle féminine.]

  Sa création apportait une religion nouvelle, les églises que désertait peu à peu la foi chancelante étaient remplacées par son bazar, dans les âmes inoccupées désormais. La femme venait passer chez lui les heures vides, les heures frissonnantes et inquiètes qu'elle vivait jadis au fond des chapelles : dépense nécessaire de passion nerveuse, lutte renaissante d'un dieu contre le mari, culte sans cesse renouvelé du corps, avec l'au-delà divin de la beauté. S'il avait fermé ses portes, il y aurait eu un soulèvement sur le pavé, le cri éperdu des dévotes auxquelles on supprimerait le confessionnal et l'autel.
Émile ZOLA, Au bonheur des dames, ch XIV.

1. Formulez la thèse qui se dégage de ce texte.

2. Voici une série d'arguments et d'exemples destinés à discuter cette thèse :

a - C'est au consommateur que s'adresse la publicité, non à l'homme total, pas plus au citoyen ou à son âme.
b - La publicité s'épanouit surtout sur des supports destinés aux masses : les médias, la rue, la télévision, les couloirs de métro.
c - Le langage de la publicité rappelle celui des religions.
d - Le slogan nous conseille, il prend la forme d'un message bienveillant qui répond à nos problèmes.
e - L'extase matérielle, au contraire de la foi ou de la conviction politique, est génératrice de frustrations.
f - Le magasin est un temple de la consommation, la vitrine un autel. Les slogans rappellent les cantiques et les affiches les images pieuses.
g - La publicité ne s'adresse pas à l'individu, mais à la masse.
h - La publicité chante le lyrisme de l'objet et rend la vie quotidienne plus joyeuse et esthétique.
i - Les images de la famille, de l'intérieur domestique restent les mêmes et finissent par créer des comportements mécaniques.
j - La publicité laisse croire à une sollicitude à notre égard.
k - La publicité ne cesse pas de tenter nos désirs de possession (meubles, voitures ...), qui ne peuvent qu'être très inégalement assouvis.
l - Les recettes de bonheur proposées par la publicité ne savent concerner que la possession des biens de consommation.
m - La publicité crée un rapport personnalisé avec le public.
n - La publicité ne sait mettre en valeur que des stéréotypes aliénants.
o - Le rythme des spots publicitaires, la beauté des photographies, l'euphorie des situations, gomment la banalité des choses et les élèvent au rang de mythes familiers.
p - La publicité s'introduit dans les foyers et sait s'adresser à l'individu dans ses besoins particuliers.



   On admettra que vous êtes plutôt enclin à nier que la publicité ait quelque chose à voir avec une religion ou une idéologie politique dignes de ce nom.
    Distinguez les arguments/exemples qui vont dans ce sens de ceux qui soutiennent le contraire (vous pouvez pour cela dresser un tableau en deux colonnes, comme nous l'avons fait en étudiant l'organisation de l'argumentation).
  Rédigez un développement dans lequel vous commencerez par concéder les arguments adverses (première partie) puis finirez par soutenir les vôtres (deuxième partie).

  Sous forme schématique, voici à quoi doit ressembler votre essai : les trois étapes de l'introduction rétrécissent progressivement le champ du sujet jusqu'au développement, et la conclusion ménage une ouverture en deux temps vers un domaine plus général :

 

Introduction : 1/ présenter le thème général
2/ présenter le sujet précis et la problématique---
3/ annoncer le plan
1° partie : concéder la thèse adverse
......- la pertinence de certaines vues
......-
l'éloquence de certains exemples
2° partie : affirmer la thèse personnelle
......- réfuter la thèse adverse
......- étayer la thèse personnelle
Conclusion : 1/ Bilan
2/ Ouverture

 

Exercice 4 : la rédaction de l'essai :

 

  Nous vous proposons l'exemple intégralement rédigé d'un essai. Vous pourrez en observer le cheminement en répondant aux directives qui vous sont données dans les marges.

« Rien n'est aussi dangereux que la certitude d'avoir raison », affirme François Jacob dans Le jeu des possibles. Vous direz ce que vous pensez de ce jugement dans une discussion argumentée.

  Nous avons choisi de nous faire un peu l'avocat du diable en soutenant la nécessité de la certitude. Vous pourrez vous entraîner en choisissant cette fois de partager l'avis de François Jacob.

 

Introduction :
. présentation du problème général
. présentation de la problématique
. annonce du plan

 



Première partie :
concession de la
thèse adverse




Identifiez les
quatre arguments
et les mots de
liaison qui les
ordonnent



Repérez pour
chacun des quatre
arguments les
différentes
manières de
concéder


 



Transition



Deuxième partie :
affirmation de
la thèse personnelle

 



Identifiez les
quatre arguments
et les mots de
liaison qui les
ordonnent




Repérez pour
chacun des quatre
arguments les
manières
différentes
d'affirmer


 

 

 



Évaluation finale de
la thèse à discuter





Conclusion :

bilan

ouverture





  Les époques en proie à de graves crises morales voient renaître, sous l'inquiétude et l'absence de repères, nombre de manifestations d'un besoin parfois très vif de se raccrocher à des certitudes. François Jacob, dans Le jeu des possibles, s'en prend violemment à "la vérité considérée comme un absolu", c'est-à-dire à la certitude d'avoir raison. Comment justifier ses propos ? Malgré les conséquences souvent néfastes que la certitude ne manque de provoquer lorsqu'elle tourne au fanatisme, ne présente-t-elle pas quelques aspects positifs ?

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  Il est vrai que l'être enfermé dans ses certitudes est souvent inapte à la communication. Un homme politique, par exemple, a tout intérêt à savoir écouter les objections qu'on peut opposer à son programme, quelque conviction qu'il manifeste. Il ne sera même véritablement convaincant qu'à ce prix, non seulement parce qu'il paraîtra plus tolérant, mais aussi parce qu'il pourra profiter au passage de ce que ces critiques lui apporteront pour fortifier sa pensée.
D'aucuns pourraient aussi prétendre non sans raison que la certitude de détenir "la" vérité pousse à une vision manichéenne du monde. Songeons ainsi à tous ces dogmes intolérants qui ont voulu imposer une vision simpliste du Bien et du Mal : tous les petits livres rouges, tous les manifestes et les bibles ont désigné des cibles grossièrement représentées, les exposant à la vindicte publique. On pense, par exemple, aux stéréotypes du Juif représentés par les nazis au mépris des connaissances ethniques ou scientifiques qui ne pouvaient que les dénoncer.
  Parfois la certitude d'avoir raison risque aussi d'être un entêtement dans l'erreur. "L'erreur est humaine, persévérer est diabolique", affirme le dicton, et une personne trop sûre d'elle-même peut en effet s'enfermer dans des représentations qui lui feront perdre tout contact avec une réalité plus souvent en demi-teintes et en nuances.
  On ne manquera pas enfin d'objecter à la certitude le risque non négligeable d'engendrer le fanatisme. "Que répondre à quelqu'un qui vous assure qu'il mérite le ciel en vous égorgeant?" interroge Voltaire, et François Jacob condamne, lui aussi, la fureur dogmatique dont les prêtres et les hommes politiques se sont rendus coupables tout au long de l'Histoire. Pas un massacre, en effet, qui, jusqu'à nos jours, n'ait répondu à quelque obsession d'imposer sa norme, sa race, sa religion. On peut sans doute convenir avec Cavanna qu' "un croyant ne peut être qu'intolérant" et, avec Cioran, que "sous les résolutions fermes se cache un poignard".
  Pourtant, si redoutable que soit ce dernier argument, n'est-il pas possible de plaider pour la certitude ?

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  D'abord la certitude est une condition essentielle de la découverte et de l'action. Sans elle, les grands découvreurs, les inventeurs de toutes sortes ne seraient jamais arrivés à leurs fins. Pensons, par exemple, à l'obstination sans failles dont un Galilée a dû faire preuve alors qu'on le sommait d'abandonner ses recherches. Le fameux "Et pourtant, elle tourne" n'est rien d'autre qu'une manifestation de cet entêtement. Contre l'avis du plus grand nombre, Colomb, lui aussi, a su s'entêter dans l'idée jugée folle d'aller chercher les Indes par l'Ouest. "Voyez comme cette folie a pris corps et duré", note André Breton.
  En outre la certitude n'est-elle pas une condition essentielle de l'indépendance ? La pièce de Ionesco Rhinocéros en fournit un exemple patent : alors qu'autour de lui, tout le monde cède à la "rhinocérite", Bérenger ose seul affirmer : "Contre tout le monde, je me défendrai ! je suis le dernier homme, je le resterai jusqu'au bout ! Je ne capitule pas." Ces mots ne sont pas sans évoquer les paroles célèbres de Victor Hugo, résolument opposé, vingt années durant, à la dictature impériale: "Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !"
  L'homme d'état lui-même, à n'en pas douter, a besoin d'une conviction profonde. "L'autorité consiste à faire partager son idéal", écrit Charles de Gaulle. Est-ce le doute, est-ce l'incertitude qui peuvent inspirer un programme de gouvernement? Souvent, le vrai "chef" est celui qui s'entête, qui ose conserver le cap qu'il s'est fixé, parce qu'une haute idée l'anime de ce que doit être l'État. Alors, il peut être celui qui change l'Histoire, et ce fut le cas du général de Gaulle, inversant, par son refus de la collaboration, une défaite en victoire.
  Enfin, et c'est sans doute ce que l'on peut opposer de plus dérangeant à François Jacob, qui pourrait nier que l'homme a besoin de foi ? "La foi soulève les montagnes", affirme le proverbe : l'action individuelle arrive en effet à souffrir de trop de doutes et de scepticisme. Le regain actuel des sectes ne prouve pas autre chose que cette nécessité des croyances et des idéaux. Comment vivre perpétuellement dans l'irrésolution, ce que Cioran appelle l'« hamlétisme » ? Comment se satisfaire d'une société qui chancelle, privée de ses valeurs, de ses repères traditionnels ? La certitude apporte alors une réponse dont on peut meubler sa vie.
  La thèse de François Jacob semble pour cela un peu trop catégorique : elle menace même de tomber dans le manichéisme qu'elle dénonce, en se méfiant systématiquement de toute croyance . Celle-ci, mûrie personnellement et sous la réserve expresse qu'elle n'attente pas aux libertés de l'autre, est un ferment indispensable.

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  Ainsi, s'il s'agit de ne pas tomber dans l'excès condamnable de l'intolérance, il importe de combler harmonieusement son aspiration légitime à comprendre le monde et à l'ordonner à sa guise. Le scepticisme absolu ne fournit rien qui puisse y aider. La conviction est au contraire une affirmation individuelle qui favorise une vie pleine et responsable. La thèse de François Jacob peut même conduire à une certaine prudence tout à fait dommageable à l'indépendance. Si la désobéissance est en effet une vertu, alors être sûr de soi contre tous les autres est un signe éclatant de liberté.

 

 

 

 

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