REFORMULER

 

 

Les contraintes de l'exercice :

  • une reformulation fidèle au système énonciatif (le jeu des pronoms, les registres) et à l'organisation du texte (vous en conserverez les connecteurs logiques essentiels).
  • une réduction en un nombre défini de mots assortie d'une marge de + ou - 10% (rappelons qu'on appelle mot toute unité typographique signifiante séparée d'une autre par un espace ou un tiret : ainsi c'est-à-dire = 4 mots, mais aujourd'hui = 1 mot puisque les deux unités typographiques n'ont pas de sens à elles seules). Vous aurez soin d'indiquer le nombre de mots que compte votre résumé et d'en faciliter la vérification en précisant nettement tous les cinquante mots le nombre obtenu.
  • une recherche systématique de l'équivalence par des synonymes.
  • une langue correcte, sur le plan de l'orthographe comme de la syntaxe, qui évite le simple collage des phrases-clés du texte.

que faut-il garder ?

     la situation d'énonciation,
     le système énonciatif,
     la progression argumentative, les mots de liaison (ou leurs équivalents).


que faut-il supprimer ?

     les exemples (s'ils ne sont pas trop développés ou s'il ne s'agit pas d'exemples argumentatifs).
     les redites : en dégageant la progression des arguments, vous repérerez mieux ceux qui, dans chaque partie, se répètent sous une autre forme.

comment faire ?

     englober : les exemples importants, les images peuvent parfois se développer sur plusieurs lignes. Les supprimer sans discernement serait dangereux. Mieux vaut les réduire à une formulation plus dense.
     nominaliser : une phrase complexe est toujours susceptible d'être trop longue et lourde. Choisissez dès que possible la phrase simple, l'adjectif au lieu de la relative, le nom au lieu du verbe.
     choisir des synonymes pertinents : c'est l'une des difficultés du résumé. Votre niveau de vocabulaire fera toujours la différence. Mais il ne faut pas non plus pousser trop loin cette recherche de synonymes : relever un champ lexical dominant peut donner quelques indications et souffler quelques autres mots simples.

 

EXEMPLE 1

 

Reprenons le texte de notre page précédente et entreprenons de le contracter en 180 mots ±10%.

UNITÉS DE SENS

Observations sur les réductions

PROPOSITION DE CONTRACTION

Ces six paragraphes limitent la réussite apparente de la parole au langage stéréotypé du quotidien. La tournure concessive semble adaptée pour condenser ce va-et-vient entre affirmation et réfutation.
 Les mots sont toujours en deçà de ce qu'ils expriment. Cette simple constatation des insuffisances de la parole rejoint tout ce qui dans le monde humain est frappé du sceau de l'imparfait. Si souvent le langage semble satisfaire à sa mission, c'est qu'il est instrumentalisé par l'usage quotidien et professionnel où des interlocuteurs familiers n'impliquent que des significations routinières. Mais seul s'accomplit ici un langage stéréotypé, ce qui fait craindre une inaptitude foncière de la parole à l'expression de soi.
Les trois conditions d'appréciation de la qualité de la parole sont rapidement énoncées en deux  phrases.
 Pourtant la parole ne prend son sens que dans un contexte, où chacun des acteurs de la communication peut tenir un langage de vérité. Pour l'apprécier, on examinera la qualité de l'émetteur, puis du récepteur et de leur échange. On tiendra compte enfin du moment où la parole est prononcée.

/
 Le langage ne prend donc sa valeur qu'en situation. Ce qui compte dans la parole n'est pas tant sa qualité que l'effort qu'elle révèle d'un homme dans sa quête incessante de vérité.
                                                            176 mots.

 

  RÉCAPITULONS :

LES RÈGLES DE LA CONCISION

La suppression

supprimer les exemples illustratifs, les citations.
les digressions qui sortent du champ argumentatif.
les reprises, les redites.
les périphrases.

L'intégration passer de l'énumération au terme générique.
reprendre un champ lexical par son terme englobant.
condenser les exemples argumentatifs.
Le réagencement une seule phrase complexe peut rendre compte de plusieurs phrases du texte.
un verbe peut à lui seul rendre compte d'une relation logique.
nominaliser : préférer le substantif au verbe, la juxtaposition à la subordination,
      l'adjectif en apposition à la phrase simple.
un signe de ponctuation pourra rendre compte d'une articulation logique :
      ainsi le signe : peut exprimer à lui seul la cause ou la conséquence.

 

     APPLICATION
Soit la proposition de contraction suivante (Nicolas Grimaldi, Cinq paradoxes du moi, début du texte) :

 Le moi est à la fois sujet et objet, mais, deuxième paradoxe, il est aussi évident que mystérieux. Mes perceptions attestent l’existence d’un être dont je ne sais rien. Et il est vain de prétendre dissiper ce mystère car les sentiments que nous éprouvons nous caractérisent à notre insu, sans que nous soyons en mesure [50] d’en identifier l’origine. C’est que le moi n’est pas un concept : il revêt seulement des formes qui restent, faute de témoin omniscient, éphémères et contingentes. 85 mots.

 Après quelques efforts, 30 mots sont supprimés :
     - l'apposition
: sujet et objet, le moi ... au lieu de le moi est sujet et objet.
    - la suppression des subordonnées relatives au profit d'un nom ou d'un adjectif :
              dont je ne sais rien = inconnu  —   qui restent éphémères et contingentes.
    - le : remplace la relation de cause ou de conséquence.
    - la suppression des périphrases :
             sans que nous soyons en mesure d'en identifier l'origine : à traduire par un adverbe
                          (inexplicablement).

 Résultat :
Sujet et objet , le moi est, de plus, aussi évident que mystérieux. Mes perceptions attestent l’existence d’un être inconnu, au mystère impossible à dissiper : nos sentiments nous caractérisent à notre insu, inexplicablement. En effet le moi n’est pas un concept : faute de témoin omniscient, il revêt seulement [50] des formes éphémères et contingentes. 55 mots

 

EXEMPLE 2

 

Contractez ce texte en 170 mots.

 

L'idée de civilisation
Georges Bastide (Mirages et certitudes de la civilisation, 1953)

  Lorsque nous prononçons le mot de civilisation dans la vie quotidienne, en dehors de toute préoccupation d'analyse et d'approfondissement philosophiques et en nous laissant porter pour ainsi dire par le sens commun, il semble bien que nous entendions par ce mot un certain nombre d'acquisitions dont le caractère général et essentiel serait d'être imputables à l'homme : tout objet ou tout fait de civilisation porte la marque d'une présence ou d'une intervention humaine actuelle ou passée; et inversement tout objet ou tout fait qui ne révèle pas cette présence ou cette intervention humaine sera classé parmi les choses, non de la civilisation, mais de la nature. Certes, dans tout objet de civilisation, la matière est bien naturelle car l'homme ne fait rien de rien, mais cette matière a toujours subi une information de la part de l'homme. "L'art, c'est l'homme ajouté à la nature", a-t-on dit : c'est à cette intervention humaine au sens large que nous pensons aujourd'hui lorsque nous prononçons le mot de civilisation. Le plus modeste sentier de montagne est un fait de civilisation au même titre que le plus somptueux des palais, tandis qu'une hutte de castor ou une ruche sont tenues pour des choses purement naturelles, si habile que puisse nous en paraître l'architecture.
  A quoi reconnaissons-nous donc cette présence , et cette intervention humaines lorsqu'elles ne sont pas immédiatement manifestes par l'action effective d'un être humain ? C'est que nous percevons en tout fait ou en tout objet de civilisation une intentionnalité qui réveille aussitôt
un écho en nous-même. Ces faits ou ces objets manifestent chez leurs auteurs une tendance constante, spécifiquement humaine, et c'est pourquoi tout homme la retrouve aussitôt en lui. D'une façon toute générale, ces acquisitions humaines qui constituent la civilisation au sens le plus commun du mot, témoignent de ce que l'on peut appeler, en un sens tout aussi commun, une volonté d'affranchissement. Ces acquisitions doivent, en effet, permettre en premier lieu une indépendance sans cesse accrue de l'homme par rapport aux fatalités naturelles. La nature fait-elle peser sur l'homme la fatalité du nécessaire, comme la nécessité biologique où nous sommes de marcher sur la terre ferme et l'impossibilité anatomique et physiologique de traverser les mers et les airs ? La civilisation s'ingénie à rendre ces nécessités contingentes. La nature nous accable-t-elle de la non moins lourde fatalité de la contingence, du hasard, de l'imprévu, comme en sont remplis tous les phénomènes biologiques ? La civilisation s'efforce de faire de ces contingences des nécessités dont elle est maîtresse. C'est cette volonté de nous rendre "maîtres et possesseurs" de la nature qui manifeste son intentionalité spécifiquement humaine dans tous les faits de civilisation.
  Par voie de corollaire, les acquisitions de la civilisation doivent permettre en second lieu une richesse accrue du clavier des désirs humains. Quand on a soif, disait un ascète, c'est d'eau qu'on a soif. Et cela devrait être vrai dans l'ordre de la nature. Mais sur ce
besoin fondamental, la civilisation peut broder mille variations. Et non seulement elle peut broder à l'infini sur les thèmes de la nature, mais elle peut créer de toutes pièces des thèmes de désirs nouveaux et sans analogie dans les comportement vitaux élémentaires. Dans cette catégorie entreraient tous les faits de civilisation par lesquels s'oublient le vouloir-vivre de l'individu et de l'espèce : la science pure, l'art, et toutes les formes d'activité philosophique et religieuse qui visent un objet transcendant, hors de ce monde, et qui tiennent cependant une place importante dans la notion de civilisation.
  Enfin, en troisième lieu et toujours par voie de corollaire, la civilisation permet à ces désirs dont le clavier s'enrichit et se nuance, d'obtenir une facilité plus grande dans leurs moyens de satisfaction. Cette facilité se traduit, dans son apparence globale et selon le vœu de Descartes, par une "diminution de la peine des hommes", dont l'aspect objectif est une
rapidité plus grande dans la satisfaction des désirs, une diminution de l'intervalle qui sépare la naissance du désir de son assouvissement. Ce résultat est obtenu par l'installation d'un système de réponses pour ainsi dire automatiques au geste par lequel se manifeste le désir naissant. Dans ce système, à telle touche du clavier doit répondre avec sécurité et promptitude ce que réclame le désir.
  Sous ce triple aspect général que nous donne un premier contact avec la notion commune, la civilisation nous apparaît donc comme une sorte de monde où tout est à l'échelle humaine en ce sens que tout y porte la marque de cette intentionnalité fondamentale par laquelle l'homme s'affranchit des servitudes naturelles par le jeu d'un accroissement quantitatif et qualitatif de ses désirs ainsi que des moyens de le satisfaire. Une vue instantanée prise sur ce monde nous y montrerait une foule d'habitudes et d'aptitudes chez les individus, une collectivisation de ces habitudes et de ces aptitudes dans des institutions et des mœurs, le tout soutenu par une infrastructure matérielle d'objets fabriqués dans lesquels l'art s'ajoute à la nature pour en faire une sorte d'immense machine à satisfaire avec toujours plus de rapidité et de précision un nombre toujours plus grand de désirs toujours plus raffinés. Le civilisé est celui qui se meut à l'aise dans ce monde.

 

A/  Réduire les énumérations :

Trouvez un mot (substantif ou adjectif) capable de rendre compte des énumérations coloriées dans le texte :

1°§ : dans la vie quotidienne - en dehors de toute préoccupation d'analyse - le sens commun

        imputables à l'homme - marque - présence - intervention humaine

2°§ : un écho en nous-même - tendance - constante spécifiquement humaine - tout homme la retrouve

        affranchissement - indépendance - maîtres et possesseurs

        fatalités naturelles - fatalité du nécessaire - nécessité biologique - impossibilité anatomique et physiologique - fatalité de la contingence

        contingences - hasard -  imprévu

3°§ : besoin fondamental - comportements vitaux élémentaires - vouloir-vivre de l'individu et de l'espèce

        science pure - art - activité philosophique et religieuse

4°§ : rapidité - système de réponses pour ainsi dire automatiques - promptitude

 

B/  Inscrivez les mots obtenus dans les espaces vides de cette contraction (case blanche pour les mots de liaison).

 Dans son acception la plus , la civilisation désigne l'ensemble des caractères par l'homme sur la nature.
 Ces
se révèlent à nous comme à notre état d'homme. Elles témoignent d'un désir de  à l'égard des naturelles. Il suffit que la nature oppose à l'homme des physiques ou pour que celui-ci, dans le cadre de la civilisation, les transgresse ou les contrôle.
  , la civilisation se caractérise par un enrichissement des besoins et par un dépassement des de l'instinct au profit de spéculations ou .
  la civilisation se reconnaît à la qu'elle opère entre le désir et sa réalisation, comme aux réponses  qu'elle lui fournit.
 La civilisation répond bien à cette triple définition où, dans des structures collectives, on peut faire apparaître l'activité de l'homme qui, aidé par la technique, se montre sans cesse plus soucieux d'assouvir des désirs sans cesse plus raffinés.

 

EXEMPLE 3

 

  Complétez ces reformulations.


Bernard Lecomte, Communication et nouvelles technologies.
(La Croix, 4 avril 1984).

 Complétez cette contraction du texte ci-contre en remplissant les espaces blancs par les termes proposés.

  L'avenir de nos relations sociales est inscrit dans le développement accéléré des techniques de communication qui marient de plus en plus le téléphone, l'écran et l'ordinateur. Comme l'apparition du téléphone et de la T.S.F., il y a un siècle, cette évolution va changer non seulement la forme des relations entre les hommes, mais aussi leurs fondements. [...] Il est naturel qu'à l'aube de cette nouvelle révolution, chacun s'inquiète et s'interroge sur ses conséquences à l'échelle humaine.
  La communication, étymologiquement, c'est la mise en commun, la mise en relation des hommes ou des collectivités. La route, la poste, le chemin de fer, le télégraphe ont développé des solidarités nouvelles. La radio, le cinéma, la télévision ont élargi le champ culturel de cette communication démultipliée, jusqu'à tisser un réseau de relations sociales aussi serré que le système nerveux dans le corps humain.
  En raccourcissant les distances, en accélérant les contacts, en multipliant les sources d'information (locales, étrangères), les nouvelles formes de communication ont pour premier effet de rapprocher les hommes. Nul ne peut ignorer aujourd'hui un tremblement de terre en Turquie, une révolution en Pologne, une menace nucléaire sur l'Europe. Nul ne peut rester à l'écart de la montée de la faim dans le monde, des nouvelles formes de pauvreté en France, des risques écologiques qui pèsent sur nos sociétés. Qui peut contester que cela soit un progrès ?
  Ce qui modifie ces données, c'est la généralisation de l'écran, symbole de cet avenir impalpable. Tous les moyens de transmission à venir (les ondes hertziennes, relayées au sol ou provenant de l'espace, ou la fibre optique, véhiculant des textes ou des images) aboutiront à des postes de télévision, à des consoles, à des cadrans portatifs, à des murs d'images - à des écrans. Or, l'étymologie, là aussi, tient lieu de révélateur : un écran, à l'origine, est un objet qui dissimule ou qui protège.
  L'image elle-même, si elle frappe l'esprit, si elle stimule l'imaginaire, reste une abstraction. Installez un chien devant la télévision, l'image d'un autre chien le laissera de glace. L'image informe, comme un texte, mais c'est le cerveau du téléspectateur qui fonctionne, qui lui donne son sens, par rapport à sa propre connaissance du monde. Et c'est encore sa propre expérience, son acquis personnel, qui lui font reconnaître le vrai du faux, la réalité de la fiction : sans cette expérience préalable, l'homme ne « voit » pas de différence entre un reportage sur la guerre Irak-Iran et un western sur la conquête de l'Ouest, qui ont la même force émotionnelle. Laquelle, au rythme de la prolifération des images, va en se banalisant.
  Le danger se situe dans la réduction de l'expérience propre à chaque individu clé de sa perception  humaine » des images qui prolifèrent. L'individu qui se contenterait de ces données abstraites ressemblerait peu à peu au chien de tout à l'heure, absorbant passivement des informations désincarnées.
  Or ce risque point à l'horizon. Demain, l'on pourra remplir la majorité des activités quotidiennes sans avoir besoin de se déplacer :  démarches administratives, achats, remise de documents professionnels, alarme, information générale ou locale; les négociations syndicales, les réunions de conseils d'administration pourront se tenir en multiplex par visiophone; l'enseignement, la santé même suivront le mouvement. Que restera-t-il des contacts humains devenus désuets, comme l'accolade, la poignée de main, le coup de téléphone, la lettre manuscrite ? Quelle part auront le toucher, la voix, l'écriture, dans ce qui fait l'essentiel de l'expérience humaine ?
  La montée de l'individualisme, la tendance croissante au repli sur soi (sa famille, sa communauté) vont de pair avec ce phénomène de déshumanisation des relations sociales qui se profile à l'horizon. En se gardant de tout mélanger, en se gardant aussi de condamner a priori une évolution d'ailleurs inéluctable, il importe d'y réfléchir. L'homme statique n'est pas pour demain, et son instinct le poussera à inventer les formes nouvelles d'une communication sociale chaleureuse, affective, plus conforme à sa nature profonde. Encore faut-il entretenir et développer dans la conscience des générations futures ce qui tempérera l'invasion des images, et qui fait la dignité de l'homme : le sens de l'autre.

Il paraît légitime de se demander quelles seront sur le plan de la les de l'évolution rapide des techniques.
Les
ont prodigieusement resserré le tissu des relations humaines en transportant des qui, devenues, concernent chacun d'entre nous.
On ne saurait s'en plaindre, mais le
de cette transmission reste l', qui, par nature, de la réalité.
Les images n'informent que selon le degré de
dont chacun dispose et l'aptitude à repérer leur . Faute de cela, les images semblent toutes chargées de la même qu'use aussi leur .
Ce risque d'ingurgiter des informations
est à nos portes. Qu'adviendra-t-il demain de la véritable relation humaine, alors que chacun pourra accomplir ses sans jamais se ?
 L'
accompagne de plus en plus cette du contact. Il convient donc d'examiner la situation, sans exagéré. L'homme de demain saura bien renouveler les formes d'une communication si on veille à fortifier en lui l'intérêt pour .

Placez dans ce résumé chacun des termes proposés ci-dessous :
régression - tâches - culture - prolifération - déshumanisées - informations - médias - autrui - répercussions - émotion - planétaires - communication - déplacer - vecteur - authentique - écran - égocentrisme - distancie - pessimisme - mensonge.

 

Alain ETCHEGOYEN. Les apprentis sorciers.
( Le Figaro Magazine, novembre 1991).
Vous présenterez une contraction de ce texte en 17O mots (un écart de 10 % en plus ou en moins est admis). Vous indiquerez le nombre de mots que comporte votre travail.
Complétez cette contraction de 170 mots par les mots de liaison (cases encadrées) ou les mots-clés (espaces blancs).

  La réflexion sur la bioéthique ne peut être la propriété de quelques experts : il en va du corps humain, donc de la personne humaine elle-même. Le débat qui concerne les manipulations sur l'embryon est le plus significatif. Deux thèses s'y affrontent.
  D'une part se manifestent les tenants de la logique absolue du progrès scientifique. Cette tendance est représentée en France par des chercheurs comme Daniel Cohen ou par l'ancien grand maître de la Grande Loge de France, Pierre Simon.
  « Je suis un rationaliste convaincu, écrit Daniel Cohen, et je crois aux progrès illimités de la connaissance. » On n'arrête pas le progrès : tel est le postulat de cette thèse de type scientiste. La génétique nous ouvre des espoirs fantastiques. La cartographie du génome humain évitera quantité de drames individuels : nous pourrons stopper des maladies comme la mucoviscidose ou la myopathie, et surtout nous permettrons aux hommes et aux femmes de vieillir dans des conditions heureuses. Mieux encore, on en viendra à des thérapies géniques, c'est-à-dire des interventions directes sur les gènes malades d'un bébé. De curative et préventive qu'elle était, la médecine pourra devenir prédictive.
  Tous ces progrès cumulés, continuent les tenants de la première thèse, déboucheront sur une véritable amélioration de l'espèce humaine, qui n'aura rien à voir avec les délires du nazisme. Si eugénisme il y a, il s'agit d'un eugénisme « négatif », qui consiste à « éviter les naissances d'enfants dont on sait qu'ils seront gravement malades et douloureusement handicapés. »
  Enfin, dernier argument : les comptes de la Sécurité sociale. Par « l'eugénisme négatif », notre système de santé pourra se passer de soins longs et coûteux. Comment alors s'opposer à des travaux dont les résultats aboutiront à délivrer l'humanité de la cruauté du hasard génétique et à réduire les coûts de la santé publique ? Ceux que ces projets laissent réticents ne sont-ils que des « oiseaux de malheur » aux idées préconçues ?
  Car voici une deuxième école. En France elle est principalement représentée par Jacques Testart, par le philosophe Michel Serres, et par les autorités spirituelles, notamment l'Église catholique. Tous ceux-ci rétorquent que l'eugénisme, fût-il négatif, ouvre les portes à de dangereuses dérives.
  Leur critique s'étaie sur l'histoire de l'eugénisme. Celui-ci correspond sans doute à un rêve très ancien, qui ne se réduit pas à ce qu'en fit un régime barbare, mais aujourd'hui la rencontre de la procréation assistée et du repérage des gènes donne des moyens inédits à sa réalisation.    Le nouvel eugénisme est arrivé c'est-à-dire que l'on pourra désormais procéder à des tris d'embryons. Il suffit de recueillir plusieurs embryons, de les mettre en concurrence et de retenir le meilleur avant réimplantation.
  Accepté par tous, l'eugénisme « doux » serait donc moralement plus inquiétant qu'un eugénisme imposé, car il serait bien difficile de s'y soustraire, expliquent ses opposants. Sans doute commencera-t-on par quelques tris sur des cas très pathologiques, mais très vite on proposera d'autres choix sélectifs (cela a déjà été fait sur la détermination du sexe) et, d'ailleurs, aucun pays n'a encore réussi à se mettre d'accord sur une liste des maladies concernées. Comment réagiront des parents s'ils peuvent éviter, pour leur futur enfant, l'asthme ou une taille trop petite ? Et jusqu'où ira-t-on, dans cette conception d'un enfant « commandé à la carte » ?
  D'autre part, il s'agit de savoir au nom de quel critère on pourra décider que telle maladie, telle infirmité sont incompatibles avec la nature humaine : après tout, c'est avec leur souffrance voire leur invalidité que beaucoup d'hommes se sont hissés vers des sommets d'humanité. Il suffit de faire défiler la longue liste des artistes chez qui le génie a pris naissance dans l'expérience, même cruelle, de leur différence.
  La position critique insiste enfin sur la notion de responsabilité. Jacques Testart aime reprendre le mot de Woody Allen : « La vie est une maladie sexuellement transmissible ». Il considère que la procréation doit assumer un certain risque et que des parents ne peuvent s'en remettre entièrement aux décisions d'experts patentés qui travaillent sur un embryon réduit au statut d'objet.

 La bioéthique concerne tout le monde, comme le montre la qui confronte deux .
Pour la
, composée de et de , le progrès scientifique ne saurait être . La recherche entraînera l' des maladies et permettra même de les . On en viendra à un eugénisme qui améliorera l'espèce humaine et les dépenses de la publique seront allégées. Comment alors ces travaux ?
La
école, que représentent des philosophes ou des , affirme ses craintes en ce qui concerne la pratique d'un eugénisme : il permettra la sélection des embryons et ouvrira de plus en plus largement ses critères de choix à des exigences non . On ne peut déterminer nettement quelles sont inconciliables avec l', puisque certains individus en ont fait l'origine même de leur . , pour ces moralistes, il faut que les parents acceptent les de la procréation et restent maîtres de leur décision.

Placez dans ce résumé chacun des termes proposés ci-dessous :
limité - condamner - polémique - ecclésiastiques - seconde - contrôlé - pathologiques - rationalistes - tares - humain - aléas - prévoir - génétiques - Enfin -  chercheurs - génie - efficace - d'autre part - éradication  - écoles - première - Santé - scientifique.

 


David VICTOROFF. Portée culturelle et sociale de la publicité
(La publicité et l'image, éditions Denoël Gonthier, 1978).
Vous contracterez ce texte en 19O mots (un écart de 10 % en plus ou en moins est admis). Vous indiquerez le nombre de mots que comporte votre travail.
Complétez cette contraction de 190 mots par les mots de liaison (cases encadrées) ou les mots-clés (espaces blancs).

  On ne peut limiter l'étude des effets de la publicité à l'examen de ses répercussions sur la vie économique. Débordant largement le secteur de l'industrie et du commerce, la publicité exerce son action dans bien d'autres domaines. On sait ainsi qu'elle marque de son empreinte aussi bien nos villes que nos campagnes, transformant par là profondément l'environnement quotidien de l'homme moderne. On connaît aussi l'influence qu'au scandale des puristes elle exerce sur la langue. On a pu constater également que l'emploi des procédés publicitaires tend à modifier non seulement le style des campagnes électorales, mais encore les mœurs de la vie politique elle-même. On a maintes fois souligné, par ailleurs, les liens étroits existant entre la publicité et la culture de masse. Tout porte, en effet, à croire qu'il y a entre elles un jeu complexe d'influences réciproques, encore mal élucidé dans le détail, mais dont on peut aisément discerner les lignes de forces majeures : tout en se nourrissant de la culture de masse, la publicité joue en retour un rôle important dans sa formation.
  De façon plus générale, la publicité semble contribuer à façonner la mentalité de nos contemporains, ne serait-ce que dans la mesure où elle intervient de manière décisive dans la genèse de certaines représentations spécifiques, connues sous le nom d'images ou de stéréotypes de marques. On entend par ce terme l'ensemble des attitudes, représentations et sentiments qui, dans l'esprit du public, sont associés, de façon relativement stable, à une marque commerciale. Des études conduites par des psychologues sociaux ont permis de découvrir et d'analyser un grand nombre de ces images, correspondant soit à des produits (tricots Rodier, montres Oméga, etc.), soit à des services (hôtels Sheraton, BNP, etc.). La plupart des travaux récents consacrés à la publicité mettent en relief cette notion d'image de marque et soulignent que c'est sans doute le concept le plus important qui se soit dégagé de la recherche dans ce domaine. On a pu montrer que les stéréotypes de marque sont des représentations collectives fortement valorisées, généralement cohérentes et stables. Chargés d'idéaux, d'aspirations, de sentiments obscurs, ils s'apparenteraient dans une certaine mesure aux mythes des peuples archaïques. On a pu ainsi avancer que la publicité aboutit à l'émergence d'une sorte de mythologie moderne, mythologie de l'objet quotidien. En tout état de cause, on sait maintenant qu'il serait vain d'essayer de comprendre comment l'homme d'aujourd'hui perçoit et juge le monde où il vit sans prendre en considération cet univers d'images stéréotypées que la publicité fait surgir autour de lui.
  Toutes ces considérations permettent à bon droit de supposer qu'à côté de sa fonction manifeste, essentiellement économique, dont le rôle resterait en définitive relativement limité, la publicité remplit des fonctions latentes dont la portée au niveau de la mentalité collective serait beaucoup plus étendue. Quelles sont au juste ces fonctions latentes de la publicité ? Plusieurs réponses ont été avancées.
  C'est ainsi que, pour certains, les fonctions latentes assumées par la publicité seraient d'ordre moral et culturel : la publicité contribue à créer à la place du système ébranlé des valeurs traditionnelles une table de valeurs nouvelles, dont les notions clés seraient le bonheur, la jeunesse, l'abondance, le progrès, le loisir. Parallèlement, elle propose des modèles de comportements conformes à ces valeurs nouvelles et façonne ainsi le style de vie propre à notre civilisation. Pour d'autres, la fonction latente essentielle de la publicité serait d'ordre psychologique : son rôle serait de combler le vide sentimental créé par le dépérissement de la foi religieuse et les idéologies politiques. En prodiguant ses égards et sa sollicitude, en personnalisant ses rapports avec le public, en valorisant les objets qu'il met en vedette, le message publicitaire apporte un peu de chaleur dans un monde qui en manque singulièrement. Pour d'autres, enfin, la fonction latente majeure de la publicité serait d'ordre proprement social : la publicité serait un puissant facteur d'intégration sociale. Son message, transmis par les grands moyens de diffusion collective, contribue à la désagrégation des subcultures dans la société de masse. Sur les ruines de systèmes de valeurs et de symboles propres à des sous-groupes particuliers, il tend à faire surgir, notamment par le biais des images de marque, des nouvelles valeurs symboliques, communes à l'ensemble du groupe social.
 Dans l'état actuel des connaissances, aucune de ces hypothèses ne peut être considérée comme entièrement satisfaisante. Il serait cependant difficile de sous-estimer l'intérêt de telles tentatives d'interprétation, et il faut souhaiter que des chercheurs s'engagent plus à fond dans cette direction, pour être en mesure d'apporter une contribution précieuse non seulement à une meilleure connaissance du phénomène publicitaire, mais encore à celle de la vie sociale d'aujourd'hui dans son ensemble.

          La publicité    beaucoup d'autres secteurs que l': nous savons ainsi que son action modifie notre  , agit sur notre et sur les mœurs .  On a pu aussi mettre en lumière les rapports qu'elle entretient avec la culture de masse.
 La publicité,
, agit sur l' du grand public par le biais des souriants entretenus par certaines marques commerciales. Ces  rappellent, par leurs désirs  , les anciens et permettent de mieux comprendre l'homme moderne.
  Ce rôle
mais vaste de la publicité a été analysé de diverses manières.  affirment qu'il est d'ordre : la publicité édifierait de nouvelles sur les  des anciennes et pousserait chacun à s'y .
 
lui assignent plutôt un rôle : la publicité  un monde par les  religieuses et politiques.
  Il en est
qui voient s'exercer les fonctions de la publicité dans le domaine : sa large diffusion menacerait les et ferait naître des valeurs .
  Tout ceci reste
 , mais il faut poursuivre cette de la publicité pour mieux le monde moderne.

Placez dans ce résumé chacun des termes proposés ci-dessous :
décombres - enfin - mythes - imaginaire - sémiologie - social - langue - idéologies - conformer - d'autres - concerne - économie - humaniserait - collectives - conjectural -  confus - clichés - certains - politiques - décor - marginalismes - en effet - mutuels - appréhender - souterrain - déserté - psychologique - moral - valeurs - représentations.

 

 

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